Clause Bénéficiaire Démembrée

Optimisez la transmission de votre assurance-vie avec une clause bénéficiaire démembrée.

Lancer le simulateur

Qu'est-ce que c'est ?

Ce simulateur compare deux rédactions de clause bénéficiaire d'un contrat d'assurance-vie : la clause standard en pleine propriété (versement en une fois à un bénéficiaire unique) et la clause démembrée (usufruit versé au conjoint survivant, nue-propriété aux enfants). Il chiffre les droits successoraux dans chacun des deux schémas pour identifier l'avantage fiscal potentiel du démembrement.

Comment ça fonctionne

L'utilisateur saisit le capital décès projeté, l'âge du conjoint survivant au décès de l'assuré, le nombre d'enfants bénéficiaires en nue-propriété et la ventilation primes avant/après 70 ans. Le simulateur applique le barème fiscal de l'article 990 I CGI (abattement 152 500 € par bénéficiaire) ou 757 B CGI, puis chiffre les droits dus dans les deux scénarios en tenant compte du barème usufruit/nue-propriété de l'article 669 CGI.

Démembrement — Usufruit conjoint (valeur selon âge art. 669) + Nue-propriété enfants (abattement par bénéficiaire)

À qui s'adresse ce simulateur ?

  • Couples mariés ou pacsés souhaitant protéger le conjoint tout en transmettant aux enfants
  • Détenteurs d'assurance-vie importante (> 152 500 € par bénéficiaire)
  • Personnes souhaitant optimiser la transmission en profitant de l'exonération du conjoint
  • Notaires et CGP conseillant leurs clients sur les stratégies de transmission

Avantages et inconvénients

Avantages

  • Chiffre précisément l'économie fiscale du démembrement par rapport à une clause standard, en intégrant les abattements de chaque bénéficiaire
  • Applique le barème de l'article 669 CGI (usufruit/nue-propriété selon âge) pour répartir correctement la base taxable
  • Intègre la ventilation primes avant/après 70 ans, déterminante pour identifier le régime fiscal applicable (990 I vs 757 B)
  • Permet de simuler l'impact du nombre d'enfants sur l'économie fiscale, chaque nouveau nu-propriétaire ouvrant un abattement supplémentaire

Inconvénients

  • Ne génère pas la clause bénéficiaire rédigée : l'utilisateur doit faire rédiger ou valider le libellé par un professionnel habilité
  • Ne chiffre pas le coût civil et fiscal du quasi-usufruit exercé par le conjoint survivant et la dette de restitution au second décès
  • Ne traite pas les clauses alternatives (clause à options, clause en cascade, clause démembrée sur plusieurs contrats) qui peuvent optimiser davantage
  • Ne modélise pas les conséquences juridiques d'un conflit familial — le démembrement peut être source de tensions non chiffrables ici

Échéances et seuils

Abattement 152 500 € par bénéficiaire (art. 990 I)
En cas de démembrement de la clause bénéficiaire, l'abattement de 152 500 € se répartit dans chaque couple usufruitier / nu-propriétaire selon le barème de l'art. 669 CGI (l'usufruitier en reçoit 152 500 € au plus). Lorsque l'usufruitier est exonéré (conjoint ou partenaire de Pacs), le nu-propriétaire ne garde que sa quote-part : la fraction d'abattement non utilisée par le bénéficiaire exonéré ne profite pas aux autres (BOI-TCAS-AUT-60 § 310).
Répartition usufruit/nue-propriété selon l'âge (art. 669)
La valeur fiscale de l'usufruit décroît avec l'âge de l'usufruitier : 90 % avant 21 ans, 80 % de 21 à 30 ans… jusqu'à 10 % après 91 ans.

Points de vigilance

  • La clause démembrée nécessite une rédaction précise : l'utilisateur doit faire rédiger ou valider le libellé par un notaire ou un avocat spécialisé
  • Le conjoint usufruitier a un quasi-usufruit sur les capitaux décès : il peut les dépenser librement, charge ensuite aux nus-propriétaires de recouvrer une créance de restitution à son décès
  • L'enregistrement de la créance de restitution est obligatoire pour qu'elle soit opposable à l'administration fiscale lors de la seconde succession — point souvent oublié
  • Le simulateur applique le barème usufruit/nue-propriété de l'article 669 CGI en fonction de l'âge saisi — toute erreur d'âge fausse la répartition
  • La clause démembrée ne convient pas à toutes les situations (conjoints divorcés, familles recomposées, conflits patrimoniaux) — l'intérêt fiscal peut être éclipsé par le coût civil

Barèmes et valeurs appliqués

Valeurs lues en base par le simulateur, avec leur source. Le calcul applique celles en vigueur à la date retenue.

Abattements personnels des droits de mutation à titre gratuit

Abattement sur la part de chaque bénéficiaire, par lien de parenté et par opération (donation, succession). L'abattement handicap se cumule avec celui du lien.

Ligne directe (enfant, parent) — donation et succession100 000 €
Petit-enfant — donation31 865 €
Petit-enfant non représentant — succession (abattement à défaut d'autre)1 594 €
Arrière-petit-enfant — donation5 310 €
Arrière-petit-enfant non représentant — succession (abattement à défaut d'autre)1 594 €
Époux — donation80 724 €
Partenaire de PACS — donation80 724 €
Frère ou sœur — donation et succession15 932 €
Neveu ou nièce — donation et succession7 967 €
Bénéficiaire handicapé — cumulable avec l'abattement du lien159 325 €
Autres bénéficiaires — succession (à défaut d'autre abattement)1 594 €
Autres bénéficiaires — donationaucun abattement : 0 €

Source : Art. 779, 788 IV, 790 B, 790 D, 790 E, 790 F CGI (Légifrance) ; impots.gouv.fr ; notice 2705-NOT-SD (04-2025) · vérifié le 2 novembre 2026

Voir le barème complet →

Barème des droits de mutation à titre gratuit

Tarif progressif des droits de donation et de succession par lien de parenté, appliqué à la part nette taxable après abattement.

Afficher les 18 lignes du barème
Ligne directe — tranche 1
  • plancher : 0 €
  • plafond : 8 072 €
  • taux : 5 %
Ligne directe — tranche 2
  • plancher : 8 072 €
  • plafond : 12 109 €
  • taux : 10 %
Ligne directe — tranche 3
  • plancher : 12 109 €
  • plafond : 15 932 €
  • taux : 15 %
Ligne directe — tranche 4
  • plancher : 15 932 €
  • plafond : 552 324 €
  • taux : 20 %
Ligne directe — tranche 5
  • plancher : 552 324 €
  • plafond : 902 838 €
  • taux : 30 %
Ligne directe — tranche 6
  • plancher : 902 838 €
  • plafond : 1 805 677 €
  • taux : 40 %
Ligne directe — tranche 7
  • plancher : 1 805 677 €
  • taux : 45 %
Donation entre époux ou partenaires de PACS — tranche 1
  • plancher : 0 €
  • plafond : 8 072 €
  • taux : 5 %
Donation entre époux ou partenaires de PACS — tranche 2
  • plancher : 8 072 €
  • plafond : 15 932 €
  • taux : 10 %
Donation entre époux ou partenaires de PACS — tranche 3
  • plancher : 15 932 €
  • plafond : 31 865 €
  • taux : 15 %
Donation entre époux ou partenaires de PACS — tranche 4
  • plancher : 31 865 €
  • plafond : 552 324 €
  • taux : 20 %
Donation entre époux ou partenaires de PACS — tranche 5
  • plancher : 552 324 €
  • plafond : 902 838 €
  • taux : 30 %
Donation entre époux ou partenaires de PACS — tranche 6
  • plancher : 902 838 €
  • plafond : 1 805 677 €
  • taux : 40 %
Donation entre époux ou partenaires de PACS — tranche 7
  • plancher : 1 805 677 €
  • taux : 45 %
Frères et sœurs — tranche 1
  • plancher : 0 €
  • plafond : 24 430 €
  • taux : 35 %
Frères et sœurs — tranche 2
  • plancher : 24 430 €
  • taux : 45 %
Parents jusqu'au 4e degré inclus (neveux, nièces, cousins germains…) — tranche 1
  • plancher : 0 €
  • taux : 55 %
Parents au-delà du 4e degré et non-parents — tranche 1
  • plancher : 0 €
  • taux : 60 %

Source : Art. 777 CGI (Légifrance, en vigueur depuis le 30/12/2014) ; impots.gouv.fr ; notice 2705-NOT-SD (04-2025) · vérifié le 2 novembre 2026

Voir le barème complet →

Barème fiscal de l'usufruit et de la nue-propriété

Valeur fiscale de l'usufruit viager selon l'âge révolu de l'usufruitier, et de l'usufruit à durée fixe par période de dix ans (plafonné à la valeur de l'usufruit viager ; 69 % au plus pour une personne morale, usufruit limité à 30 ans).

Usufruit viager — tranche 1
  • âge révolu à partir de : 0 ans
  • âge révolu inférieur à : 21 ans
  • valeur de l'usufruit : 90 %
  • valeur de la nue-propriété : 10 %
Usufruit viager — tranche 2
  • âge révolu à partir de : 21 ans
  • âge révolu inférieur à : 31 ans
  • valeur de l'usufruit : 80 %
  • valeur de la nue-propriété : 20 %
Usufruit viager — tranche 3
  • âge révolu à partir de : 31 ans
  • âge révolu inférieur à : 41 ans
  • valeur de l'usufruit : 70 %
  • valeur de la nue-propriété : 30 %
Usufruit viager — tranche 4
  • âge révolu à partir de : 41 ans
  • âge révolu inférieur à : 51 ans
  • valeur de l'usufruit : 60 %
  • valeur de la nue-propriété : 40 %
Usufruit viager — tranche 5
  • âge révolu à partir de : 51 ans
  • âge révolu inférieur à : 61 ans
  • valeur de l'usufruit : 50 %
  • valeur de la nue-propriété : 50 %
Usufruit viager — tranche 6
  • âge révolu à partir de : 61 ans
  • âge révolu inférieur à : 71 ans
  • valeur de l'usufruit : 40 %
  • valeur de la nue-propriété : 60 %
Usufruit viager — tranche 7
  • âge révolu à partir de : 71 ans
  • âge révolu inférieur à : 81 ans
  • valeur de l'usufruit : 30 %
  • valeur de la nue-propriété : 70 %
Usufruit viager — tranche 8
  • âge révolu à partir de : 81 ans
  • âge révolu inférieur à : 91 ans
  • valeur de l'usufruit : 20 %
  • valeur de la nue-propriété : 80 %
Usufruit viager — tranche 9
  • âge révolu à partir de : 91 ans
  • valeur de l'usufruit : 10 %
  • valeur de la nue-propriété : 90 %
Usufruit à durée fixe
  • valeur par période : 23 %
  • durée d'une période : 10 ans
  • période commencée comptée entière (« sans fraction ») : SUPERIEUR
  • Usufruit à durée fixe d'une personne morale (30 ans au plus) : valeur maximale : 69 %

Source : Art. 669 CGI ; BOI-ENR-DMTG-10-40-10-50 · en vigueur depuis le 1er janvier 2004

Voir le barème complet →

Droits de succession sur primes d'assurance-vie versées après 70 ans

Primes versées après les 70 ans de l'assuré soumises aux droits de succession pour la fraction excédant un abattement global (tous contrats, tous bénéficiaires) ; les produits sont exonérés.

Abattement global sur les primes, réparti entre bénéficiaires30 500 €
Primes versées à partir de cet âge de l'assuré70 ans

Source : Art. 757 B CGI · vérifié le 2 novembre 2026

Voir le barème complet →

Prélèvement sur capitaux décès d'assurance-vie (primes versées avant 70 ans)

Prélèvement par bénéficiaire sur la part de capitaux décès correspondant aux primes versées avant les 70 ans de l'assuré : abattement, puis taux par fraction de la part taxable (après abattement).

Abattement par bénéficiaire, tous contrats152 500 €
Tranche 1
  • plancher de la part taxable après abattement : 0 €
  • plafond de la part taxable après abattement : 700 000 €
  • taux : 20 %
Tranche 2
  • au-delà de 700 000 € de part taxable après abattement : 700 000 €
  • taux (décès à compter du 01/07/2014) : 31,25 %
Abattement d'assiette des contrats vie-génération, avant abattement personnel20 %
Primes versées avant cet âge de l'assuré70 ans

Source : Art. 990 I CGI · en vigueur depuis le 1er juillet 2014 · vérifié le 2 novembre 2026

Voir le barème complet →

Rappel fiscal des donations antérieures

Délai au-delà duquel les donations antérieures ne sont plus rapportées et les abattements se reconstituent.

Délai du rappel fiscal (donations et successions à compter du 17/08/2012)15 ans

Source : Art. 784 CGI · en vigueur depuis le 17 août 2012 · vérifié le 2 novembre 2026

Voir le barème complet →

Références légales

  • Art. 669 CGI — Barème fiscal de l'usufruit et de la nue-propriété
  • Art. 990 I CGI — Prélèvement sur les capitaux décès (primes avant 70 ans, abattement 152 500 €)
  • Art. 757 B CGI — Droits de succession sur primes après 70 ans (abattement 30 500 €)
  • Art. 587 Code civil — Quasi-usufruit (biens consomptibles)
  • Loi TEPA 2007 — Exonération totale du conjoint survivant
  • Réponse min. Bacquet (2010) — Traitement du contrat non dénoué au décès du premier conjoint

Glossaire

Usufruit
Droit d'utiliser un bien et d'en percevoir les revenus (loyers, dividendes) sans en être propriétaire ; il s'éteint au plus tard au décès de l'usufruitier.
Nue-propriété
Droit de disposer d'un bien sans en avoir l'usage ni les revenus, qui reviennent à l'usufruitier ; le nu-propriétaire devient plein propriétaire à l'extinction de l'usufruit.
Quasi-usufruit
Usufruit portant sur des biens consomptibles (argent, valeurs mobilières). L'usufruitier peut en disposer mais doit restituer l'équivalent.
Créance de restitution
Droit du nu-propriétaire à réclamer la restitution du capital à l'extinction de l'usufruit.
Article 990 I CGI
Régime fiscal des capitaux issus des primes versées avant 70 ans : abattement de 152 500 € par bénéficiaire, puis prélèvement de 20 % jusqu'à 700 000 € et 31,25 % au-delà.
Article 757 B CGI
Régime fiscal des primes versées après 70 ans : abattement global de 30 500 €, puis droits de succession sur le reste des primes. Les gains sont exonérés.

Questions fréquentes

Comment rédiger une clause bénéficiaire en usufruit et nue-propriété ?

On désigne en général le conjoint comme usufruitier des capitaux et les enfants comme nus-propriétaires, en précisant le sort du quasi-usufruit et de la créance de restitution. Le libellé doit être rédigé ou validé par un notaire ou un avocat, le simulateur se limitant au chiffrage.

Comment sont taxés les capitaux d'une assurance-vie avec clause démembrée ?

Le conjoint usufruitier est exonéré. Pour les enfants, la base taxable est leur part en nue-propriété, évaluée avec le barème fiscal fondé sur l'âge de l'usufruitier, et l'abattement applicable dépend de l'âge de l'assuré lors des versements, avant ou après 70 ans.

Que se passe-t-il au décès du conjoint usufruitier d'une assurance-vie ?

Les enfants nus-propriétaires détiennent une créance de restitution sur sa succession, égale au capital reçu en quasi-usufruit. Cette dette vient en déduction de l'actif successoral du conjoint, à condition d'être dûment justifiée, d'où l'intérêt d'un acte qui la constate.

Le conjoint peut-il dépenser les capitaux d'assurance-vie reçus en usufruit ?

Oui, sur des sommes d'argent l'usufruit devient un quasi-usufruit : le conjoint en dispose librement, à charge d'en restituer la valeur à son décès. Les enfants n'ont alors qu'une créance, qui peut être difficile à recouvrer si le patrimoine du conjoint s'est réduit.

Dans quels cas éviter une clause bénéficiaire démembrée ?

Dans les familles recomposées, en présence de tensions entre le conjoint et les enfants ou lorsque le conjoint n'a pas besoin de ces capitaux, l'intérêt fiscal peut être éclipsé par les difficultés civiles. D'autres rédactions, comme les clauses à options ou en cascade, non simulées ici, méritent alors examen.