Pension Alimentaire — Barème et Fiscalité

Estimez la pension alimentaire selon vos revenus, charges et le barème indicatif des magistrats. Impact d'une révision selon l'évolution de la situation.

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Qu'est-ce que c'est ?

Ce simulateur chiffre la pension alimentaire susceptible d'être versée à un ex-conjoint ou à un enfant, avec son traitement fiscal (déductible du revenu imposable du débiteur, imposable comme pension chez le créancier). Il applique les plafonds de déduction selon la nature du bénéficiaire (enfant mineur, enfant majeur, ex-conjoint, ascendant) et compare avec le rattachement au foyer fiscal du bénéficiaire.

Comment ça fonctionne

L'utilisateur saisit la nature du bénéficiaire (enfant mineur, enfant majeur non rattaché, ex-conjoint, ascendant dans le besoin), le montant annuel versé, les ressources du débiteur et du créancier, et la situation de rattachement éventuel. Le simulateur applique les plafonds de déduction (6 794 € par enfant majeur pour 2024, montants selon situation pour les autres bénéficiaires), chiffre l'économie d'impôt pour le débiteur, l'impôt supplémentaire pour le créancier, et compare avec l'alternative du rattachement au foyer fiscal.

Plafond enfant majeur : 6 794 €/an (2024) — Ex-conjoint : déduction intégrale sur montant décidé par le juge

À qui s'adresse ce simulateur ?

  • Parents séparés ou divorcés souhaitant estimer la pension
  • Avocats préparant une demande ou une révision
  • Médiateurs familiaux accompagnant les négociations

Échéances et seuils

Table de référence ONDRP — barème indicatif du ministère de la Justice
Le barème indicatif de la pension alimentaire, publié par la Direction des Affaires Civiles et du Sceau (DACS, circulaire 2010), exprime la pension comme un pourcentage de la capacité contributive du débiteur, en fonction du nombre d'enfants et du mode de garde. Ce barème n'est pas obligatoire (le juge peut s'en écarter) mais sert de référence nationale pour les magistrats et les parents. Il est mis à jour périodiquement. La capacité contributive = revenus nets du débiteur − minimum vital (RSA socle, soit environ 636 € en 2026). Source : service-justice.fr.
Déductibilité IR de la pension alimentaire (art. 156 II CGI)
La pension alimentaire versée à un enfant mineur ou majeur non rattaché au foyer fiscal est déductible du revenu imposable du débiteur (art. 156 II CGI), dans la limite de 6 368 € par enfant majeur non rattaché (plafond 2025) ou sans plafond pour les enfants mineurs fixée par décision de justice. En contrepartie, la pension est imposable comme revenu pour le créancier (parent gardien ou enfant). En garde alternée, chaque parent peut déduire la moitié de la pension fixée, ou aucune si elle est nulle.
Garde alternée — impact fiscal et pension alimentaire
En garde alternée stricte (résidence équipartagée), chaque parent bénéficie d'une demi-part fiscale supplémentaire par enfant en commun (art. 194 CGI). La pension alimentaire est souvent nulle ou très réduite si les revenus des deux parents sont comparables, car les frais d'entretien sont partagés de fait. Si les revenus sont très déséquilibrés, le juge peut fixer une pension même en garde alternée. La déduction fiscale de la pension ne s'applique pas si l'enfant est déjà compté dans le quotient familial du parent débiteur.

Points de vigilance

  • La pension versée à un enfant majeur non rattaché est déductible dans la limite du plafond annuel (6 794 € en 2024) — au-delà, l'excédent est perdu fiscalement
  • Le rattachement d'un enfant majeur au foyer fiscal apporte une demi-part ou part fiscale supplémentaire (selon situation) au lieu de la pension déductible — le simulateur compare les deux options
  • La pension à un ex-conjoint fixée par jugement est intégralement déductible sans plafond, mais imposable chez le bénéficiaire — arbitrage fiscal par rapport à une prestation compensatoire en capital
  • Les pensions à un ascendant dans le besoin doivent correspondre à un besoin réel prouvable — une déduction sans preuve de besoin peut être remise en cause
  • La pension versée doit correspondre à un paiement effectif prouvable (virement, attestation) : une déduction sans preuve expose à un redressement

Références légales

  • Art. 371-2 Code civil — Obligation d'entretien des parents
  • Art. 373-2-2 Code civil — Fixation de la contribution
  • Art. 156 II 2° CGI — Déductibilité pour le débiteur
  • Art. 79 CGI — Imposition pour le créancier
  • Art. 194 CGI — Parts fiscales et garde alternée
  • Barème indicatif — Circulaire DACS 2010

Glossaire

CEEE — Contribution à l'Entretien et à l'Éducation des Enfants
Nom juridique de la pension alimentaire pour enfant (art. 371-2 Code civil). Elle doit être proportionnée aux besoins de l'enfant et aux ressources de chaque parent. Elle peut être versée directement au parent gardien ou, pour un enfant majeur, à l'enfant lui-même. Son montant peut être révisé à tout moment en cas de changement de situation (chômage, nouveau salaire, naissance d'un autre enfant). Elle est indexée annuellement sur l'indice des prix à la consommation publié par l'INSEE.
Débiteur
Parent qui verse la pension alimentaire — généralement le parent chez qui l'enfant ne réside pas à titre principal. Il peut déduire la pension versée de son revenu imposable (art. 156 II CGI), sans plafond pour les enfants mineurs fixés par jugement. En cas d'impayé, le créancier peut saisir directement l'employeur du débiteur via une procédure de paiement direct ou la CAF via l'ARIPA (Agence de Recouvrement des Impayés de Pensions Alimentaires).
Créancier
Parent qui reçoit la pension alimentaire — généralement le parent exerçant la garde principale. La pension reçue est imposable à l'IR comme revenu (elle doit être déclarée). En cas d'impayé, le créancier peut solliciter l'ARIPA (agence CAF) pour le recouvrement. Le créancier peut aussi faire appel au paiement direct sur salaire du débiteur.
Minimum vital
Somme laissée au débiteur pour assurer sa propre subsistance, correspondant au montant du RSA socle pour une personne seule (~636 € en 2026). La capacité contributive du débiteur est calculée en soustrayant ce minimum vital de ses revenus nets. Si les revenus du débiteur sont inférieurs ou proches du minimum vital, aucune pension ne peut lui être imposée. Le minimum vital peut être ajusté selon les charges fixes incompressibles du débiteur (loyer, remboursement de crédit).
Capacité contributive
Revenus nets mensuels du débiteur diminués du minimum vital. C'est la base sur laquelle s'applique le pourcentage du barème ONDRP pour déterminer la pension. Exemple : revenus nets 2 500 € − minimum vital 636 € = capacité contributive 1 864 € × taux barème (ex. 18,5 % pour 1 enfant en résidence principale) = pension estimée 345 €/mois. Les revenus pris en compte incluent salaires, revenus fonciers, allocations chômage, mais excluent les aides à caractère alimentaire.
Garde alternée
Mode de résidence où l'enfant vit alternativement chez chaque parent (généralement une semaine sur deux). Chaque parent bénéficie fiscalement d'une demi-part par enfant (art. 194 CGI). La pension alimentaire est souvent nulle en garde strictement alternée et revenus comparables. Si les revenus sont très inégaux, le juge peut fixer une pension du parent le plus aisé vers le plus modeste. En garde alternée, le barème ONDRP prévoit des taux réduits (environ 40–50 % du taux applicable en résidence principale).