Définition
Ce simulateur estime le revenu net d'un micro-entrepreneur après cotisations sociales et impôt sur le revenu, et situe son chiffre d'affaires par rapport aux seuils du régime micro et de la franchise en base de TVA. Il ne chiffre pas le régime réel : la comparaison avec vos charges réelles reste à faire à part, l'abattement forfaitaire donnant le niveau de charges au-delà duquel le réel peut devenir plus favorable fiscalement.
Comment ça fonctionne
L'utilisateur saisit son chiffre d'affaires annuel, la catégorie d'activité (vente de marchandises, prestations BIC, profession libérale Cipav ou SSI), l'option éventuelle pour le versement libératoire, sa tranche marginale d'imposition et le bénéfice éventuel de l'ACRE. Le simulateur applique le taux de cotisations au chiffre d'affaires, l'abattement forfaitaire micro (71 %, 50 % ou 34 % selon l'activité, 305 € au minimum), puis chiffre l'impôt : versement libératoire sur le chiffre d'affaires, ou revenu imposable multiplié par la TMI.
Seuils micro en vigueur : 203 100 € (vente) / 83 600 € (prestations BIC) / 83 600 € (BNC)
Pour qui
- Futurs créateurs évaluant la viabilité économique de leur projet
- Auto-entrepreneurs actifs vérifiant leur revenu net et leur position par rapport aux seuils
- Salariés en cumul estimant leur revenu complémentaire net
- Conseillers création d'entreprise accompagnant leurs clients
Avantages
- Chiffre le revenu net annuel et mensuel après cotisations et impôt pour le chiffre d'affaires saisi
- Compare l'impôt avec ou sans versement libératoire selon la tranche marginale du foyer
- Intègre les cotisations sociales spécifiques à chaque régime, déterminantes pour le revenu net
- Alerte sur le franchissement des seuils de CA imposant à terme un basculement obligatoire en régime réel
Inconvénients
- Ne chiffre pas le régime réel (charges réelles, coût comptable) : la comparaison micro / réel reste à faire à part
- Ne traite pas la franchise en base de TVA qui a ses propres seuils, plus bas, et peut modifier l'équation économique
- Raisonne sur une année type — une volatilité de CA ou de charges d'une année sur l'autre peut nuancer la décision
- Ne modélise pas les effets sur la protection sociale (droits retraite, indemnités journalières) différents entre les régimes
Points de vigilance
- Les seuils de chiffre d'affaires s'apprécient sur deux années consécutives — le simulateur alerte mais l'utilisateur doit vérifier l'historique
- Le franchissement du seuil en cours d'année n'entraîne pas une sortie immédiate : la sortie du régime micro intervient le 1ᵉʳ janvier de l'année qui suit la seconde année consécutive de dépassement
- Les cotisations sociales au régime micro sont calculées sur le CA brut (pas sur le bénéfice) : le simulateur applique cette règle, souvent mal comprise
- La franchise en base de TVA a ses propres seuils (plus bas que ceux du régime micro) — le franchissement peut obliger à facturer la TVA sans basculer automatiquement en régime réel
- Le passage au régime réel implique une comptabilité complète et des obligations déclaratives supérieures — le coût administratif n'est pas chiffré par le simulateur
- Sans versement libératoire, l'impôt est estimé en appliquant votre TMI (revenu micro compris) à tout le revenu imposable micro : si ce revenu chevauche deux tranches du barème, l'impôt est surestimé et le revenu net sous-estimé
- L'exonération ACRE ne couvre que la période allant jusqu'à la fin du 3e trimestre civil suivant le début d'activité (de 9 à 12 mois selon la date de création) : le simulateur la répartit au prorata en supposant un chiffre d'affaires régulier sur les douze premiers mois ; si l'activité démarre lentement, la part exonérée réelle est plus faible
- La contribution à la formation professionnelle et la taxe pour frais de chambre consulaire, dues en plus des cotisations, ne sont pas déduites : le revenu net est légèrement surestimé
Échéances et seuils
- Seuils de CA 2026-2028 : 203 100 € (vente) / 83 600 € (services) — L'arrêté du 27 janvier 2026 constatant divers tarifs et seuils a revalorisé les seuils du régime micro-entreprise pour une période de 3 ans (2026-2028). Seuil vente de marchandises : 203 100 €. Seuil prestations de services commerciales, artisanales et libérales : 83 600 €. En cas d'activité mixte : plafond global 203 100 € avec maximum 83 600 € pour les services. Source : economie.gouv.fr mis à jour le 21/02/2026.
- Taux de cotisations 2026 : inchangés sauf BNC-SSI (+1 point) — Les taux URSSAF 2026 sont : 12,30 % (vente BIC), 21,20 % (services BIC, artisanat, chambres d'hôtes), 23,20 % (libéral CIPAV), 25,60 % (libéral SSI — hausse de 1 point vs 2025, initialement prévue à +1,5 point). Source : autoentrepreneur.urssaf.fr, mis à jour au 1er janvier 2026.
- ACRE : exonération réduite à 25 % à partir du 01/07/2026 — L'aide à la création ou à la reprise d'entreprise (ACRE) offrait une exonération de 50 % des cotisations jusqu'à la fin du 3e trimestre civil suivant le début d'activité. À compter du 1er juillet 2026 (décret du 6 février 2026), cette exonération est réduite à 25 %. Les conditions d'éligibilité sont également recentrées. Les créateurs antérieurs au 01/07/2026 restent soumis à l'ancien taux de 50 % jusqu'au terme de leur période d'exonération.
Références légales
- Art. L613-7 Code Sécurité sociale — Régime micro-social simplifié (cotisations proportionnelles)
- Art. 50-0 CGI — Régime micro-BIC (abattements forfaitaires et seuils)
- Art. 102 ter CGI — Régime micro-BNC (abattement 34 %)
- Art. 151-0 CGI — Versement forfaitaire libératoire de l'impôt sur le revenu
- Arrêté du 27 janvier 2026 constatant divers tarifs et seuils — Revalorisation triennale des seuils CA : 203 100 € (vente) et 83 600 € (services), applicables 2026-2028
- Décret du 6 février 2026 — Réduction de l'ACRE à 25 % à compter du 1er juillet 2026
Glossaire
- Abattement forfaitaire — Déduction automatique appliquée au CA pour déterminer le bénéfice imposable : 71 % (vente), 50 % (services BIC), 34 % (BNC).
- Versement libératoire — Option du micro-entrepreneur qui paie l'impôt sur le revenu avec ses cotisations, par un pourcentage fixe du chiffre d'affaires (1 % à 2,2 %), au lieu du barème progressif ; réservée sous condition de revenu fiscal de référence.
- Franchise en base de TVA — Dispense de facturation et de collecte de TVA tant que le CA reste sous les seuils : 85 000 € (vente) ou 37 500 € (services), seuils majorés de 93 500 € et 41 250 € l'année du dépassement. En franchise, vous ne pouvez pas non plus récupérer la TVA sur vos achats professionnels. Au-delà des seuils, vous devenez assujetti à la TVA et devez l'intégrer dans vos prix de vente.
- CIPAV vs SSI — Les professions libérales sont affiliées soit à la CIPAV (Caisse interprofessionnelle de prévoyance et d'assurance vieillesse — architectes, formateurs, consultants, etc.) au taux de 23,20 %, soit à la SSI (Sécurité Sociale des Indépendants — géomètres, orthophonistes, etc.) au taux de 25,60 %. La liste des professions affiliées est fixée par décret.
Questions fréquentes
- Que se passe-t-il en cas de dépassement du seuil de chiffre d'affaires de la micro-entreprise ? — Un dépassement isolé n'entraîne pas de sortie immédiate du régime. Si le seuil est dépassé deux années civiles consécutives, le régime réel s'applique à compter du 1er janvier de l'année qui suit.
- Micro-entreprise ou régime réel, quand passer au réel ? — Le régime réel devient intéressant lorsque les charges professionnelles réelles dépassent l'abattement forfaitaire du régime micro, qui varie selon la nature de l'activité. Il faut aussi tenir compte du coût d'une comptabilité complète, que le simulateur ne chiffre pas.
- Les cotisations sociales d'un micro-entrepreneur sont-elles calculées sur le bénéfice ? — Non : elles s'appliquent au chiffre d'affaires encaissé, sans déduction des charges. Un micro-entrepreneur qui supporte beaucoup de frais cotise donc sur une base plus large que son revenu réel.
- Dépasser le seuil de franchise de TVA fait-il sortir de la micro-entreprise ? — Non : la franchise en base de TVA a ses propres seuils, plus bas. Leur franchissement oblige à facturer la TVA, mais le régime micro est conservé tant que les seuils de chiffre d'affaires de la micro-entreprise ne sont pas dépassés.
- Le versement libératoire est-il intéressant pour un auto-entrepreneur ? — Il permet de payer l'impôt sur le revenu en même temps que les cotisations, par un pourcentage du chiffre d'affaires. Son intérêt croît avec la tranche marginale du foyer, sous réserve que le revenu fiscal de référence reste sous le plafond d'accès.
Ticket d'investissement
- À partir de 10 000 € — Épargne constituée. Placement financier, investissement locatif, préparation retraite.
- À partir de 500 000 € — Montage structuré pour patrimoines importants. CGP ou avocat fiscaliste requis.
Complexité du montage
- Simple — Calcul direct — Résultat immédiat, formule unique. Aucun conseil spécialisé nécessaire.
Profils concernés
- Travailleur non-salarié (artisan, commerçant, profession libérale)
- Salarié du privé