Définition
Ce simulateur compare les différents statuts d'exercice d'une activité indépendante (micro-entrepreneur, portage salarial, entreprise individuelle au régime réel, EURL à l'IR ou à l'IS, SASU) sur trois dimensions : revenu net après cotisations et impôts, protection sociale, simplicité administrative. Il aide à choisir le statut optimal selon le chiffre d'affaires projeté, les charges réelles et la situation familiale.
Comment ça fonctionne
L'utilisateur saisit le chiffre d'affaires annuel projeté, les charges réelles d'exploitation (y compris rémunération souhaitée), la situation familiale, la TMI et les priorités (revenu net maximal, protection sociale, simplicité). Le simulateur calcule les cotisations sociales (TNS en SSI, CIPAV ou régime général en SASU), l'impôt sur le revenu ou sur les sociétés selon le statut, le coût administratif (expert-comptable, obligations déclaratives) et restitue le revenu net comparé pour chaque statut.
Revenu net = CA − Charges − Cotisations sociales − IR (ou IS + PFU sur dividendes) − Frais administratifs
Pour qui
- Indépendants en activité — qui envisagent de changer de statut pour optimiser revenu ou protection
- Salariés en transition — qui hésitent entre portage salarial et création d'entreprise
- Consultants et freelances — qui veulent chiffrer l'impact de chaque option sur leur net mensuel
- Gérants d'EI — qui envisagent de passer en EURL ou SASU pour accéder à l'IS et aux dividendes
Avantages
- Compare les principaux statuts (micro, portage salarial, EI régime réel, EURL IR/IS, SASU) sur le revenu net après cotisations et impôts
- Intègre la protection sociale différenciée et signale les écarts importants entre TNS (SSI, CIPAV) et régime général (SASU)
- Applique les règles spécifiques à chaque statut (abattement micro, cotisations sur dividendes TNS, PFU sur dividendes SASU)
- Permet de tester plusieurs niveaux de CA pour identifier les seuils de bascule entre statuts
Inconvénients
- Le choix entre cotisations sociales plus lourdes (SASU) et couverture sociale plus faible (TNS) est qualitatif — le simulateur chiffre l'écart sans arbitrer
- Ne chiffre pas précisément les coûts administratifs (expert-comptable, greffe, annonces légales) qui peuvent peser plusieurs milliers d'euros par an
- Les règles sur les dividendes TNS, les cotisations et les abattements évoluent — le simulateur applique les règles en vigueur à la date de simulation
- Ne traite pas les cas spécifiques (professions réglementées, activités nécessitant une structure particulière, régimes expérimentaux)
Points de vigilance
- Le micro-entrepreneur applique un abattement forfaitaire sur le CA (71 %, 50 % ou 34 % selon activité) mais ne peut pas déduire ses charges réelles — pertinent uniquement si charges réelles
- La SASU impose au président le statut assimilé salarié (cotisations élevées ≈ 86 % du net) mais offre une protection sociale complète et ne verse des cotisations que sur la rémunération effective
- L'EURL à l'IS avec rémunération faible et dividendes permet d'optimiser la fiscalité globale, mais les dividendes TNS sont soumis à cotisations SSI au-delà de 10 % du capital social
- La protection sociale diverge fortement : SASU = régime général (IJ, invalidité, retraite) vs TNS = SSI/CIPAV souvent moins protecteur — le simulateur chiffre l'écart mais pas la valeur de la protection
- Les seuils micro (83 600 € services, 203 100 € vente) imposent une bascule en régime réel au-delà — le simulateur alerte mais ne gère pas la transition
- Le versement libératoire de l'impôt, l'ACRE et l'exonération de CFE de la première année ne sont pas simulés : quand vous y avez droit, le revenu net de la micro-entreprise est sous-estimé
- Les charges du président de SASU et du portage sont estimées par des coefficients moyens (coût employeur environ 1,45 fois le brut, net environ 0,78 fois le brut, 1,47 en portage), la CFE (700 €) et les frais de gestion (1 800 à 3 500 €) par des montants indicatifs : l'écart réel peut atteindre quelques points selon le niveau de rémunération
Échéances et seuils
- Seuils micro-entreprise 2026 — Les seuils de chiffre d'affaires annuel HT pour le régime micro-entrepreneur sont, de 2026 à 2028 : 203 100 € pour les activités de vente de marchandises (BIC achat-revente) et 83 600 € pour les prestations de services BIC et les professions libérales BNC (art. 50-0 et 102 ter CGI). Au-delà, passage obligatoire au régime réel (EI, EURL ou SASU). Source : autoentrepreneur.urssaf.fr.
- Cotisations sociales TNS 2026 — Les travailleurs non salariés (gérants EI, EURL) cotisent environ 50 % de leur revenu net auprès de la Sécurité Sociale des Indépendants (SSI, ex-RSI), ordre de grandeur publié par Bpifrance Création. Ce taux global comprend, en % du revenu d'activité : maladie-maternité (~6,5 %), retraite de base (~17,75 %), retraite complémentaire (~7 %), invalidité-décès (~1,3 %), allocations familiales (~3,1 %), formation professionnelle (~0,25 %), CSG/CRDS (~9,7 %). Source : urssaf.fr — travailleurs indépendants.
- IS — Taux réduit PME 15 % sur les 42 500 premiers euros — Les sociétés soumises à l'IS (SASU, EURL ayant opté pour l'IS) bénéficient d'un taux réduit de 15 % sur les 42 500 premiers euros de bénéfice, sous condition que le CA HT soit inférieur à 10 M€ et que le capital soit détenu à 75 % minimum par des personnes physiques (art. 219 I b CGI). Au-delà : taux normal de 25 %.
- Barème IR 2026 — tranches d'imposition (revenus 2025) — Le barème progressif de l'impôt sur le revenu a été revalorisé de +0,9 % pour 2026 (LFI 2026 du 19 février 2026, art. 2 ter). Tranches par part de quotient familial : 0 % jusqu'à 11 600 €, 11 % de 11 601 € à 29 579 €, 30 % de 29 580 € à 84 577 €, 41 % de 84 578 € à 181 917 €, 45 % au-delà. Source : service-public.fr — Barème IR 2026.
Références légales
- Ordonnance n°2015-380 — Cadre juridique du portage salarial
- Convention collective du portage salarial — Branche du 22 mars 2017
- Art. L1254-1 à L1254-31 Code du travail — Dispositions sur le portage salarial
- Art. L613-7 CSS — Régime micro-social simplifié (auto-entrepreneur)
- Art. 50-0 CGI — Régime micro-BIC et micro-BNC
- Art. L131-6 CSS — Assiette cotisations TNS ; dividendes du gérant majoritaire d'EURL au-delà de 10 % du capital, des primes et des comptes courants soumis à cotisations
- Art. 219 I b CGI — IS taux réduit 15 % sur les 42 500 premiers euros de bénéfice (PME)
- Art. 200 A CGI — Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) 31,4 % sur dividendes
- LOI n°2026-103 du 19 février 2026 — LFI 2026, barème IR revalorisé de +0,9 %
Glossaire
- Portage salarial — Relation tripartite entre un consultant (salarié porté), une société de portage qui l'emploie et les clients. La société de portage gère l'administratif, reverse le CA transformé en salaire après déduction d'une commission (5 à 10 %) et des charges patronales/salariales. Le salarié porté bénéficie du régime général (maladie, retraite, chômage ARE) et reste indépendant dans sa prospection. Minimum conventionnel : 70 % du plafond mensuel de la Sécurité sociale pour un consultant junior, soit 2 803,50 €/mois brut en 2026 (63 % au premier niveau, 75 % senior, 85 % expert).
- TNS (Travailleur Non Salarié) — Travailleur indépendant (artisan, commerçant, profession libérale, entrepreneur individuel, gérant majoritaire de SARL ou d'EURL) affilié à la Sécurité sociale des indépendants ou à une caisse libérale : cotisations plus faibles qu'un salarié, protection moindre (pas d'assurance chômage, indemnités journalières réduites).
- EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée) — Société à associé unique dont le gérant majoritaire est TNS. Permet d'accéder à l'IS (taux réduit 15 % sur les 42 500 premiers euros) et à la distribution de dividendes (PFU 31,4 % jusqu'à 10 % du capital social, des primes d'émission et des comptes courants d'associé ; au-delà, cotisations TNS). Responsabilité limitée aux apports. Frais de gestion supérieurs à l'EI (expert-comptable, greffe ~2 500 €/an). Souvent avantageuse à partir de 50 000 € de CA lorsque les frais réels sont significatifs.
- SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) — Société à associé unique dont le président est assimilé salarié (régime général sauf chômage). Permet un split salaire/dividendes : les dividendes sont soumis au PFU 31,4 % (sauf option IR). Frais de gestion élevés (~3 500 €/an). La SASU est souvent comparée à l'EURL : même accès à l'IS et aux dividendes, mais le président bénéficie d'une meilleure couverture maladie/retraite en contrepartie de charges sociales plus élevées sur le salaire.
- CFE (Cotisation Foncière des Entreprises) — Impôt local annuel dû par les entreprises et les personnes qui exercent une activité professionnelle non salariée à titre habituel, location meublée comprise ; calculé sur la valeur locative des locaux, avec une base minimum en l'absence de local.
- ARE (Aide au Retour à l'Emploi) — Allocation chômage versée par France Travail aux salariés ayant involontairement perdu leur emploi et cotisé suffisamment (minimum 6 mois sur les 24 derniers mois). Montant : environ 57 % du salaire journalier brut de référence. Les travailleurs indépendants (EI, EURL, SASU) ne cotisent pas à l'assurance chômage et ne sont pas éligibles à l'ARE, sauf s'ils ont exercé une activité salariée antérieure. Les salariés portés y ont accès.
- Micro-entreprise — Régime simplifié de l'entreprise individuelle, avec des seuils de CA (203 100 € en vente, 83 600 € en services/libéral) et un calcul forfaitaire du bénéfice.
Questions fréquentes
- Quelle différence entre EURL et SASU pour un indépendant ? — En EURL, le gérant majoritaire est travailleur non salarié et cotise à la sécurité sociale des indépendants, avec des cotisations plus légères mais une couverture plus réduite. En SASU, le président est assimilé salarié : il cotise davantage mais relève du régime général, hors assurance chômage.
- Faut-il quitter la micro-entreprise pour une société ? — En micro-entreprise, le bénéfice est calculé par un abattement forfaitaire sur le chiffre d'affaires, sans déduction des charges réelles. Lorsque ces charges dépassent l'abattement, ou à l'approche des seuils de chiffre d'affaires, un régime réel en entreprise individuelle ou en société devient souvent plus pertinent.
- Comment se rémunérer en SASU entre salaire et dividendes ? — Le salaire du président supporte des cotisations sociales et ouvre des droits, notamment pour la retraite. Les dividendes, prélevés sur le bénéfice après impôt sur les sociétés, relèvent de la fiscalité des revenus du capital mais n'ouvrent aucun droit social.
- Les dividendes d'un gérant d'EURL sont-ils soumis à cotisations sociales ? — Oui, pour la fraction qui dépasse un seuil calculé à partir du capital social, des primes d'émission et des sommes laissées en compte courant : elle supporte les cotisations des indépendants. En SASU, les dividendes du président ne supportent pas de cotisations sociales, seulement les prélèvements sociaux.
- Un travailleur indépendant est-il moins bien protégé qu'un salarié ? — Les travailleurs non salariés ne relèvent pas de l'assurance chômage des salariés, et leurs indemnités journalières maladie sont souvent plus faibles. Le comparatif chiffre l'écart de revenu net entre statuts, mais pas la valeur de cette protection, qui reste à apprécier selon sa situation.
Ticket d'investissement
- Accessible à tous — Aucun capital minimum requis. Simulation de droits, calculs budgétaires courants.
- À partir de 10 000 € — Épargne constituée. Placement financier, investissement locatif, préparation retraite.
Complexité du montage
- Intermédiaire — Montage à étudier — Conditions cumulatives, plusieurs régimes possibles. Conseil CGP recommandé.
Profils concernés
- Travailleur non-salarié (artisan, commerçant, profession libérale)
- Dirigeant / Chef d'entreprise