Définition
Ce simulateur compare les différentes stratégies de rémunération d'un dirigeant de société soumise à l'IS : 100 % salaire, 100 % dividendes, ou un mix optimisé. Il intègre les charges sociales (TNS en SARL, régime général en SAS), l'impôt sur les sociétés, la flat tax ou le barème IR, et calcule le revenu net disponible après tous prélèvements.
L'objectif est de trouver la répartition qui maximise ce que le dirigeant perçoit réellement, tout en gardant à l'esprit l'impact sur la protection sociale.
Comment ça fonctionne
Le simulateur part d'un budget total entreprise (ce que la société peut dépenser) et calcule pour chaque répartition salaire/dividendes :
Volet salaire : le budget salaire inclut les charges sociales. En SARL (TNS), les cotisations SSI représentent environ 50 % du revenu net. En SAS (assimilé salarié), les charges patronales (45 %) et salariales (22 %) représentent environ 67 % du brut.
Volet dividendes : le solde du résultat après rémunération est soumis à l'IS (15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 %). Les dividendes distribués supportent soit la flat tax (31,4 %), soit le barème IR avec abattement de 40 %.
Net salaire (SARL TNS) ≈ Budget salaire / 1,50 Net salaire (SAS) ≈ Budget salaire / 1,45 × (1 − 22 %) Dividendes bruts = (Résultat − Rémunération) × (1 − IS) Dividendes nets PFU = Dividendes bruts × 0,686 Net disponible = Salaire net + Dividendes nets − IR
Pour qui
- Gérants majoritaires de SARL/EURL cherchant à optimiser leur rémunération TNS
- Présidents de SAS/SASU comparant les options salaire et dividendes
- Créateurs d'entreprise choisissant entre SARL et SAS selon l'impact rémunération
- Experts-comptables et CGP accompagnant leurs clients dirigeants
Avantages
- Calcule le revenu net disponible par euro de résultat d'entreprise, pour chaque mix salaire/dividendes et selon le statut (gérant majoritaire de SARL/EURL, président de SAS/SASU)
- Intègre les cotisations réelles : SSI pour gérant majoritaire vs régime général pour président SASU, et la cotisation dividendes SSI au-delà de 10 % du capital
- Chiffre l'économie d'IS générée par la charge déductible du salaire et la compare à la sortie en dividendes après PFU
- Fait apparaître les effets long terme : droits retraite cumulés, validation de trimestres, couverture prévoyance et maladie acquise via le salaire
Inconvénients
- Raisonne sur une année type : ne modélise pas les effets pluriannuels d'un lissage de rémunération ou d'une politique de distribution cyclique
- Ne chiffre pas la valeur actuarielle de la protection sociale (indemnités journalières, pension de réversion), souvent sous-estimée dans une optimisation purement fiscale
- Les dividendes nécessitent un bénéfice distribuable et ne sont versés qu'après clôture : le salaire offre une visibilité de trésorerie mensuelle que la simulation ne valorise pas
- Les régimes de retraite obligatoire évoluent : les projections long terme de droits cumulés restent incertaines face aux réformes futures
Points de vigilance
- Le simulateur raisonne sur une année type : il ne modélise pas les effets pluriannuels d'un lissage de rémunération ou d'une politique de distribution cyclique
- La valeur actuarielle de la protection sociale (indemnités journalières, pension de réversion) est sous-estimée dans une optimisation purement fiscale — à pondérer dans la décision
- Les dividendes supposent un bénéfice distribuable et une clôture d'exercice : la visibilité de trésorerie mensuelle offerte par le salaire n'est pas valorisée dans le résultat
- Le seuil des 10 % du capital pour les dividendes du gérant majoritaire de SARL est appliqué à la lettre : les variations de capital social en cours d'année peuvent fausser le calcul
- Les régimes de retraite obligatoire évoluent : les projections long terme de droits cumulés restent incertaines face aux réformes futures
- Les cotisations sont des ordres de grandeur : environ 50 % du revenu net pour un gérant majoritaire (Bpifrance Création), 45 % de charges patronales et 22 % de charges salariales en SAS, soit environ 67 % du brut alors que les ordres de grandeur publiés sont de 60 à 63 % : le coût du salaire en SAS est surestimé et la part de salaire optimale peut être plus élevée que celle affichée
- À l'option pour le barème, la CSG déductible (6,8 %) sur les dividendes n'est pas retranchée du revenu imposable : l'impôt est légèrement surestimé
Échéances et seuils
- Abattement de 40 % sur les dividendes (option barème) — En cas d'option pour le barème progressif (au lieu du PFU), les dividendes bénéficient d'un abattement de 40 % avant imposition à l'IR. Les prélèvements sociaux restent dus sur le montant brut.
- Seuil de cotisations sociales pour les dividendes — Pour les gérants majoritaires de SARL/EURL et travailleurs indépendants, les dividendes dépassant 10 % du capital social + primes + apports en compte courant sont soumis aux cotisations sociales TNS (~50 %) au lieu des prélèvements sociaux (18,6 %).
Références légales
- Art. 62 CGI — Rémunération des gérants majoritaires de SARL (catégorie art. 62)
- Art. 200 A CGI — Prélèvement forfaitaire unique (PFU / flat tax) sur les revenus de capitaux mobiliers
- Art. L131-6 CSS — Assiette des cotisations SSI des travailleurs indépendants (dividendes > 10 %)
- Art. 158-3-2° CGI — Abattement de 40 % sur les dividendes imposés au barème
- Art. 219 CGI — Taux réduit d'IS à 15 % sur les premiers 42 500 € de bénéfice
- BOI-RPPM-RCM-10-20-10 — Régime fiscal des distributions de dividendes
Glossaire
- TNS (Travailleur Non Salarié) — Travailleur indépendant (artisan, commerçant, profession libérale, entrepreneur individuel, gérant majoritaire de SARL ou d'EURL) affilié à la Sécurité sociale des indépendants ou à une caisse libérale : cotisations plus faibles qu'un salarié, protection moindre (pas d'assurance chômage, indemnités journalières réduites).
- Assimilé salarié — Statut social du président de SAS ou de SASU et du gérant minoritaire de SARL : rattaché au régime général de la Sécurité sociale, hors assurance chômage. Cotisations plus élevées qu'un travailleur non salarié, meilleure protection.
- PFU (Prélèvement Forfaitaire Unique) — Imposition par défaut, aussi appelée « flat tax », des revenus du capital et des plus-values mobilières : 31,4 % (12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux), 30 % pour l'assurance-vie et l'épargne logement. L'option pour le barème progressif reste possible.
- IS (Impôt sur les Sociétés) — Impôt sur le bénéfice des sociétés. Taux réduit de 15 % jusqu'à 42 500 € (PME), puis 25 % au-delà.
- Abattement 40 % — Réduction de 40 % de la base imposable des dividendes en cas d'option pour le barème progressif.
- Capital social + CCA — En SARL, le seuil de 10 % au-delà duquel les dividendes sont assujettis aux cotisations SSI se calcule sur le capital social + comptes courants d'associés + primes d'émission.
- Taux de restitution — Ratio net disponible / budget total entreprise. Mesure l'efficacité globale de la stratégie de rémunération. Plus il est élevé, plus la stratégie est optimale.
Questions fréquentes
- Vaut-il mieux se verser un salaire ou des dividendes quand on est dirigeant ? — Le salaire est déductible du résultat de la société et ouvre des droits sociaux (retraite, maladie, prévoyance), mais supporte des cotisations élevées. Les dividendes sont prélevés sur le bénéfice après impôt sur les sociétés et n'ouvrent pas ces droits. Un mélange des deux est souvent recherché.
- Les dividendes d'un gérant majoritaire de SARL sont-ils soumis aux cotisations sociales ? — Oui, pour la part qui dépasse un seuil calculé sur le capital social, les primes d'émission et les sommes laissées en compte courant d'associé. Cette fraction supporte les cotisations des travailleurs indépendants au lieu des seuls prélèvements sociaux.
- Président de SAS ou gérant de SARL, quel statut coûte le moins en charges sociales ? — Le gérant majoritaire de SARL relève des travailleurs indépendants, dont les cotisations sont plus faibles. Le président de SAS est assimilé salarié : ses charges sont plus élevées, mais sa protection sociale plus étendue, hors chômage, et ses dividendes échappent aux cotisations.
- Flat tax ou barème progressif pour les dividendes d'un dirigeant ? — Le prélèvement forfaitaire unique s'applique par défaut. L'option pour le barème ouvre droit à un abattement sur les dividendes et peut être favorable à un foyer à tranche marginale basse ; elle vaut alors pour l'ensemble des revenus de capitaux du foyer de l'année.
- Le simulateur salaire ou dividendes tient-il compte de la protection sociale ? — Il fait apparaître les droits acquis par le salaire, comme les trimestres de retraite et la couverture maladie, mais ne valorise pas financièrement les indemnités journalières ou la réversion. Il raisonne en outre sur une année type, sans lissage pluriannuel.
Ticket d'investissement
- Accessible à tous — Aucun capital minimum requis. Simulation de droits, calculs budgétaires courants.
Complexité du montage
- Intermédiaire — Montage à étudier — Conditions cumulatives, plusieurs régimes possibles. Conseil CGP recommandé.
Profils concernés
- Dirigeant / Chef d'entreprise
- Salarié du privé
- Travailleur non-salarié (artisan, commerçant, profession libérale)