Définition
Ce simulateur compare deux modalités de décumulation d'un capital à la retraite : la conversion en rente viagère auprès d'un assureur (revenus garantis à vie) et la gestion libre du capital (retraits programmés sur un support investi, gestion du risque de longévité à la charge de l'épargnant). Il chiffre le revenu net projeté dans chacune des deux formules sur la durée d'espérance de vie.
Comment ça fonctionne
L'utilisateur saisit le capital initial, son âge à la liquidation et son sexe, dont le simulateur déduit son espérance de vie résiduelle dans la table INSEE par sexe et âge (à 65 ans : 20 ans pour un homme, 23,6 ans pour une femme), le taux technique de la rente (défini par l'assureur), le rendement espéré de la gestion libre et sa tranche marginale d'imposition à la retraite. Le simulateur calcule la rente annuelle viagère nette et le revenu annuel que permettrait la gestion libre selon la règle des 4 % ou un taux de retrait personnalisé, puis compare les flux cumulés sur la durée.
Rente viagère = Capital / Coefficient de conversion — Coefficient dépendant de l'âge et du taux technique
Pour qui
- Futurs retraités disposant d'un capital (assurance-vie, PER, épargne)
- Détenteurs de PER choisissant entre sortie en capital ou en rente
- Épargnants comparant les options de revenus complémentaires à la retraite
- CGP conseillant leurs clients sur les stratégies de décumulation
Avantages
- Chiffre et compare les flux nets cumulés entre rente viagère et gestion libre sur l'espérance de vie INSEE de l'âge et du sexe saisis
- Applique l'abattement sur rentes à titre onéreux (30 % / 40 % / 50 % / 70 % selon l'âge à la première perception)
- Intègre le rendement espéré de la gestion libre et permet de tester plusieurs taux de retrait
- Permet de simuler plusieurs hypothèses de longévité pour visualiser quand chaque formule devient plus favorable
Inconvénients
- Ne modélise pas la volatilité réelle des marchés en gestion libre — le sequence of returns risk est un risque majeur non chiffré
- L'espérance de vie INSEE retenue est une moyenne — une sous-espérance rend la rente viagère très défavorable, une sur-espérance la rend très favorable
- Ne chiffre pas les options annexes de la rente (réversion au conjoint, rente certaine sur X années, indexation) qui modifient le coefficient de conversion
- Ne traite pas la dimension successorale : la rente s'éteint au décès (hors réversion), un capital non consommé reste dans la succession
Points de vigilance
- Le taux de conversion des rentes viagères fluctue selon l'environnement de taux et l'assureur — le simulateur applique des taux indicatifs (3,55 % à 60 ans, 4,22 % à 65 ans, 5,2 % à 70 ans, 5,9 % à 75 ans, 7,2 % à 80 ans), interpolés entre ces âges et prolongés en ligne droite avant 60 ans et après 80 ans, ce qui tend à sous-estimer la rente à ces âges : à vérifier dans l'offre de l'assureur
- La rente viagère s'éteint au décès (sauf option réversion rémunérée) : le simulateur compare des flux sur l'espérance de vie moyenne, une sous-espérance pénalise fortement la rente
- La gestion libre expose au sequence of returns risk : un krach en début de décumulation peut épuiser le capital avant l'espérance de vie moyenne
- Le taux de retrait soutenable de la gestion libre dépend du rendement espéré et de la volatilité — la règle des 4 % est une approximation calibrée sur des données historiques américaines
- La fiscalité diffère (rente à titre onéreux avec abattement par tranche d'âge vs retraits d'un capital investi dans une enveloppe fiscale) — le simulateur applique à la rente le régime des rentes viagères à titre onéreux (fraction imposable selon l'âge, prélèvements sociaux de 18,6 % sur cette fraction)
Échéances et seuils
- Fraction imposable de la rente selon l'âge d'entrée — La rente viagère à titre onéreux n'est imposable que sur une fraction dépendant de l'âge du crédirentier lors du premier versement : 70 % avant 50 ans, 50 % de 50 à moins de 60 ans, 40 % de 60 à moins de 70 ans, 30 % à partir de 70 ans.
- Aliénabilité du capital : irrévocable — La conversion du capital en rente viagère à titre onéreux est définitive : l'assureur ne restitue pas le capital, même en cas de décès précoce (sauf option réversion ou annuités garanties). C'est le principal inconvénient de cette opération, à peser face au risque de longévité.
- Taux technique : 0 % à 1 % selon l'époque — Les assureurs appliquent un taux technique (rendement minimum anticipé) limité à 0 %-1 % depuis la baisse des taux. Ce taux capitalise la rente pendant la phase d'accumulation et influence le taux de conversion. Les assureurs peuvent servir plus via la participation aux bénéfices annuelle.
- Options de réversion : 50 % à 100 % au conjoint — La réversion permet de transmettre tout ou partie de la rente au conjoint survivant. Elle réduit le taux initial de conversion (environ 15 % pour une réversion à 60 %, 30 % pour une réversion à 100 %). Alternative : les annuités garanties (rente versée pendant X années minimum même en cas de décès) offrent un compromis entre rendement et protection.
Références légales
- Art. 158-6 CGI — Abattement fiscal sur les rentes viagères à titre onéreux
- Art. 1968 à 1983 Code civil — Régime juridique de la rente viagère
- Art. L132-23 Code assurances — Rachat et conversion en rente
- Art. L224-4 CMF — Sortie du PER en rente ou capital
- Table de mortalité TGH/TGF 05 — Tables réglementaires pour le calcul des rentes
Glossaire
- Rente viagère — Revenu versé périodiquement jusqu'au décès du bénéficiaire en contrepartie d'un capital.
- Taux technique — Taux d'intérêt garanti par l'assureur, utilisé pour calculer le montant initial de la rente.
- Réversion — Transfert au conjoint survivant d'une partie de la pension ou de la rente du défunt.
- Annuités garanties — Nombre minimum d'années de versement garanti, même en cas de décès prématuré.
- Aliénation du capital — Transfert définitif de propriété du capital à l'assureur en échange de la rente.
- Décumulation — Phase de consommation progressive du patrimoine à la retraite pour en tirer des revenus.
Questions fréquentes
- Vaut-il mieux sortir en rente ou en capital à la retraite ? — La rente garantit un revenu jusqu'au décès, quelle que soit la longévité, mais le capital est définitivement cédé à l'assureur. Le capital reste disponible et transmissible, mais sa durée dépend des rendements et de la longévité. Le choix repose surtout sur l'espérance de vie et le besoin de sécurité.
- Comment est imposée une rente viagère à titre onéreux ? — Seule une fraction de la rente est soumise à l'impôt sur le revenu. Elle est fixée une fois pour toutes selon l'âge du bénéficiaire lors du premier versement : plus il est âgé à ce moment-là, plus la part imposable est faible.
- Que devient le capital converti en rente viagère en cas de décès ? — Il reste acquis à l'assureur : la rente s'arrête au décès et rien n'est transmis aux héritiers. Les options de réversion au conjoint ou d'annuités garanties limitent ce risque, en contrepartie d'une rente initiale plus faible.
- Pourquoi un krach en début de retraite est-il dangereux pour un capital géré librement ? — Les retraits se font alors sur un capital déprécié, ce qui réduit la base qui profitera du rebond. Ce risque de séquence peut épuiser le capital bien avant l'âge prévu ; le simulateur ne le chiffre pas, car il ne modélise pas la volatilité.
- Quel taux de retrait appliquer à son capital pour vivre de son épargne à la retraite ? — Le taux soutenable dépend du rendement espéré, de la volatilité et de la durée à couvrir. Les règles empiriques souvent citées reposent sur des données historiques américaines et restent des approximations ; le simulateur permet de comparer plusieurs taux.
- Le simulateur rente ou capital tient-il compte de la réversion au conjoint ? — Non : il compare une rente simple à la gestion libre. Les options de réversion, d'annuités garanties ou d'indexation, qui modifient le montant de la rente, ne sont pas intégrées, pas plus que la transmission du capital non consommé.
Ticket d'investissement
- À partir de 10 000 € — Épargne constituée. Placement financier, investissement locatif, préparation retraite.
Complexité du montage
- Expert — Ingénierie patrimoniale — Montage complexe impliquant plusieurs règles fiscales. CGP ou avocat fiscaliste requis.
Profils concernés
- Travailleur non-salarié (artisan, commerçant, profession libérale)
- Retraité