Définition
Ce simulateur chiffre l'impact fiscal d'une décision patrimoniale ou économique envisagée, en comparant la situation avant et après l'opération projetée (changement de statut, cession, donation, changement de TMI, souscription d'un placement). Il applique la fiscalité des différentes catégories de revenus et restitue l'écart d'imposition annuel ou cumulé.
Comment ça fonctionne
L'utilisateur saisit sa situation fiscale actuelle (revenus par catégorie, TMI, foyer) et la situation projetée après la décision envisagée (nouveau revenu, nouvelle catégorie, nouveau régime). Le simulateur calcule l'impôt dans chacune des deux situations, chiffre les changements de TMI éventuels, applique les effets collatéraux (plafonnement du quotient familial, contribution exceptionnelle et contribution différentielle sur les hauts revenus, plafonnement global des niches) et restitue l'écart net d'imposition.
Impot_apres = IR(revenu_apres_decision, parts, plafonnement_QF, décote) moins reductions + IR au prélèvement forfaitaire + CEHR + CDHR moins credits ; Impact_fiscal_net = Impot_apres moins Impot_avant
Pour qui
- Contribuables fortement imposés cherchant à réduire leur IR
- Investisseurs comparant l'efficacité de différents dispositifs fiscaux
- Particuliers anticipant l'impact d'un versement PER ou d'un don
- CGP / Conseillers fiscaux démontrant l'intérêt des stratégies d'optimisation
Avantages
- Chiffre l'écart d'imposition entre situation actuelle et situation projetée, outil générique utilisable pour de nombreuses décisions patrimoniales
- Intègre les effets collatéraux courants (changement de TMI, plafonnement du quotient familial, CEHR et CDHR, plafonnement global des niches)
- Permet de tester plusieurs variantes d'une même décision (ventilation des revenus, timing, structuration) pour identifier l'option la moins coûteuse
- Restitue à la fois l'impact annuel et l'impact cumulé sur la période de simulation
Inconvénients
- Ne couvre que l'IR et les contributions sur les hauts revenus — les prélèvements sociaux et les autres impôts (IFI, TF, droits) doivent être simulés séparément
- Les effets indirects (impact sur le RFR, seuils d'aides, CEHR, plafond Girardin) peuvent être partiellement modélisés selon la décision concernée
- Ne chiffre pas la composante économique et financière des décisions (rendement attendu, risque, liquidité) — seule la dimension fiscale est traitée
- Les réformes fiscales futures ne sont pas anticipées — la projection est valable aux règles en vigueur, à actualiser en cas de réforme importante
Points de vigilance
- L'impact fiscal simulé ne comprend que l'IR (décote comprise) et les contributions sur les hauts revenus — les prélèvements sociaux et les autres impôts et taxes (IFI, taxe foncière, droits d'enregistrement) doivent être simulés séparément
- Le plafond de déduction PER est calculé sur le revenu net imposable saisi, supposé professionnel : s'il comprend des pensions ou d'autres revenus, le plafond et l'économie affichés sont trop élevés — retenez le plafond indiqué sur votre avis d'imposition
- Pour la CEHR et la CDHR, le revenu fiscal de référence est approché par le revenu imposable augmenté des revenus de capitaux saisis, sans les retraitements propres à la CDHR (abattements réintégrés, revenus exceptionnels) ; les demi-parts d'un couple sont toutes supposées venir d'enfants à charge (majoration de 1 500 € par personne), ce qui peut minorer la CDHR
- Les décisions à impact pluriannuel (donation, investissement immobilier, reconversion professionnelle) nécessitent une projection sur plusieurs exercices, non produite par défaut
- Les effets collatéraux (seuils d'aides sociales fondées sur le RFR, plafonnement des niches fiscales) sont partiellement modélisés — certaines conséquences indirectes peuvent échapper au simulateur
- Les barèmes et règles évoluent chaque année : l'impact projeté est valable aux règles en vigueur à la date de simulation, une réforme ultérieure peut modifier la projection
- Les décisions à composantes économiques et financières (pas seulement fiscales) ne peuvent être tranchées sur le seul écart d'impôt — le simulateur éclaire une dimension, pas l'arbitrage global
Échéances et seuils
- Plafonnement global des niches fiscales : 10 000 € par foyer (18 000 € pour Girardin et SOFICA) — L'ensemble des réductions et crédits d'impôt obtenus via des investissements est plafonné à 10 000 € par foyer et par an. Ce plafond est porté à 18 000 € pour les investissements Girardin industriel outre-mer et les SOFICA. Les charges déductibles du revenu (PER, déficit foncier) ne sont pas concernées par ce plafond, ni la réduction pour souscription au capital de jeunes entreprises innovantes, directement ou via un FCPI, qui a son propre plafond de 50 000 € sur 2024-2028.
- Saut de TMI : calculer l'effet marginal — Un nouveau revenu qui fait basculer le foyer dans une TMI supérieure n'est pas intégralement imposé au nouveau taux : seule la fraction située dans la nouvelle tranche l'est. Il faut calculer l'impôt avant/après pour mesurer l'effet réel, pas l'effet apparent de la TMI.
- Seuil CEHR : 250 000 € (célibataire) / 500 000 € (couple) — La Contribution exceptionnelle sur les hauts revenus s'applique à 3 % entre ces seuils et 500 000 € (célibataire) / 1 M€ (couple), et 4 % au-delà. Un revenu exceptionnel peut déclencher la CEHR ponctuellement ; un mécanisme de lissage (quotient) existe pour les revenus exceptionnels.
- Contribution différentielle sur les hauts revenus : imposition minimale de 20 % — Pour les revenus 2025 et 2026, un foyer dont le revenu fiscal de référence dépasse 250 000 € (personne seule) ou 500 000 € (couple) acquitte au moins 20 % de ce revenu au titre de l'IR et de la CEHR ; le complément est atténué jusqu'à 330 000 € / 660 000 € et la somme déduite est majorée de 12 500 € pour un couple et de 1 500 € par personne à charge.
- Plafonnement du quotient familial : 1 807 € par demi-part (revenus 2025) — L'avantage fiscal lié à chaque demi-part supplémentaire au foyer est plafonné à 1 807 € pour l'imposition des revenus 2025 (montant revalorisé chaque année), 4 262 € pour la part du premier enfant d'un parent isolé et 1 079 € pour la demi-part d'une personne seule ayant élevé un enfant ; la demi-part d'invalidité ouvre une réduction complémentaire de 1 801 € au plus. Un revenu supplémentaire peut faire perdre l'intérêt du quotient pour les foyers déjà plafonnés.
- Décote : impôt inférieur à 1 982 € (personne seule) ou 3 277 € (couple) — L'impôt est diminué de 897 € ou 1 483 € moins 45,25 % de son montant (revenus 2025) ; une baisse de revenu peut ainsi réduire l'impôt plus que la TMI ne le laisse prévoir.
Références légales
- Art. 197 CGI — Barème progressif de l'impôt sur le revenu
- Art. 200-0 A CGI — Plafonnement global des avantages fiscaux
- Art. 163 quatervicies CGI — Déduction des versements PER
- Art. 199 sexdecies CGI — Crédit d'impôt emploi à domicile
- Art. 200 CGI — Réduction d'impôt pour dons
- Art. 199 terdecies-0 A CGI — Réduction d'impôt pour souscription de parts de FCPI et de FIP
- Art. 199 terdecies-0 A bis CGI — Réduction d'impôt pour souscription de parts de FCPI investis en jeunes entreprises innovantes
- Art. 156 I 3° CGI — Imputation du déficit foncier sur le revenu global
- Art. 223 sexies CGI — Contribution exceptionnelle sur les hauts revenus
- Art. 224 CGI — Contribution différentielle sur les hauts revenus
Glossaire
- TMI (Tranche Marginale d'Imposition) — Taux de la tranche du barème de l'impôt sur le revenu où tombe le dernier euro de revenu du foyer (0 %, 11 %, 30 %, 41 % ou 45 %) : c'est le taux qui s'applique à un revenu supplémentaire ou à une charge déductible.
- Déduction fiscale — Somme soustraite du revenu imposable avant calcul de l'impôt.
- Réduction d'impôt — Avantage fiscal qui diminue l'impôt dû mais ne peut pas générer de remboursement (contrairement au crédit d'impôt).
- Crédit d'impôt — Avantage fiscal remboursable : si le crédit excède l'impôt dû, l'excédent est restitué au contribuable par le Trésor public.
- Plafonnement des niches — Limite annuelle du cumul des avantages fiscaux (10 000 € en général).
- Déficit foncier — Excédent des charges déductibles sur les revenus fonciers. La part qui ne vient pas des intérêts d'emprunt s'impute sur le revenu global jusqu'à 10 700 € par an ; le reste s'impute sur les revenus fonciers des 10 années suivantes.
Questions fréquentes
- Comment calculer l'impôt supplémentaire en cas de hausse de revenus ? — Il faut calculer l'impôt total avant et après la hausse plutôt que d'appliquer le taux marginal à tout le revenu, car seule la fraction qui entre dans une tranche supérieure est imposée à ce taux. Des effets annexes, comme la perte d'une décote ou d'une aide liée au revenu fiscal de référence, peuvent s'y ajouter.
- Quelle différence entre une réduction d'impôt, un crédit d'impôt et une déduction ? — Une déduction diminue le revenu imposable, son effet dépend donc de la tranche marginale. Une réduction diminue directement l'impôt sans pouvoir le rendre négatif, alors qu'un crédit d'impôt supérieur à l'impôt dû donne lieu à un remboursement.
- Un versement sur un PER est-il soumis au plafonnement des niches fiscales ? — Non, les versements déductibles sur un PER réduisent le revenu imposable et échappent au plafonnement global des avantages fiscaux, qui ne vise que certaines réductions et certains crédits d'impôt. Ils restent en revanche limités par un plafond de déduction propre à l'épargne retraite.
- Comment limiter l'impôt sur un revenu exceptionnel ? — Le système du quotient permet, sur demande, d'atténuer la progressivité du barème en calculant le supplément d'impôt sur une fraction du revenu exceptionnel puis en le multipliant d'autant. Un mécanisme de lissage comparable existe pour la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus.
- Le simulateur d'impact fiscal prend-il en compte l'IFI ou les droits de succession ? — Non, il se limite à l'impôt sur le revenu et aux contributions sur les hauts revenus. Les autres impôts, comme l'IFI, la taxe foncière ou les droits d'enregistrement et de succession, doivent être évalués séparément avec un outil adapté.
Ticket d'investissement
- À partir de 10 000 € — Épargne constituée. Placement financier, investissement locatif, préparation retraite.
Complexité du montage
- Simple — Calcul direct — Résultat immédiat, formule unique. Aucun conseil spécialisé nécessaire.
Profils concernés
- Travailleur non-salarié (artisan, commerçant, profession libérale)