Définition
Ce simulateur chiffre la fiscalité d'une holding suisse détenant des participations dans des sociétés françaises ou étrangères, pour un actionnaire résident fiscal français. Il applique les règles suisses (taux d'IS cantonal, régime des participations substantielles avec exonération des dividendes reçus) et les règles françaises (article 123 bis CGI de transparence, imposition des dividendes distribués à l'actionnaire français).
Comment ça fonctionne
L'utilisateur saisit la valeur des participations détenues par la holding, le canton d'établissement, le bénéfice annuel projeté, la politique de distribution de dividendes et la résidence fiscale de l'actionnaire. Le simulateur calcule l'IS suisse cantonal et fédéral (de 11,85 % à 16,98 % effectif selon le canton, IFD compris), applique le régime des participations substantielles (exonération des dividendes reçus), puis l'imposition française en cas de distribution à un actionnaire résident (PFU 31,4 % ou barème avec abattement 40 % sur option) et la retenue à la source conventionnelle.
IS_suisse = Benefice × (taux_cantonal + IFD effectif 7,83 %), soit 11,85 % à 16,98 % selon le canton Dividendes_recus_exoneres = 95 %+ (regime_participations_substantielles) Retenue_source_FR_sur_distribution = Dividendes × taux_conventionnel (0 %/15 %) Impot_actionnaire_FR = Dividendes × 31,4 % PFU (ou bareme + abattement 40 %)
Pour qui
- Dirigeants résidents de France — entrepreneurs et investisseurs résidents fiscaux français envisageant de détenir leurs participations internationales via une holding helvétique
- Family offices franco-suisses — structures patrimoniales gérant des flux de dividendes entre filiales françaises et européennes via une holding helvétique
- CGP et avocats fiscalistes — conseil sur la comparaison holding suisse / holding française pour leurs clients en mobilité internationale
Avantages
- Chiffre l'imposition globale d'une holding suisse (IS cantonal + retenue à la source + imposition française du dividende distribué)
- Applique le régime suisse des participations substantielles et le plafond de retenue à la source conventionnel
- Intègre l'article 123 bis CGI de transparence fiscale pour l'actionnaire résident français détenant plus de 10 %
- Compare la structuration en holding suisse avec la détention directe française pour identifier le seuil de pertinence
Inconvénients
- Ne chiffre pas les coûts récurrents de la holding suisse (director local obligatoire, comptabilité, fiduciaire) qui peuvent représenter 10 000 à 30 000 € par an
- Le régime fiscal suisse varie significativement entre cantons (Zoug, Genève, Vaud, Zurich) — le simulateur applique le taux saisi sans arbitrer
- Les règles anti-évasion françaises (art. 123 bis, 155 A, clause anti-abus générale) rendent peu efficaces les montages à vocation purement fiscale
- Ne modélise pas les évolutions prévisibles liées aux directives OCDE/UE (pilier 2 global minimum tax, règles d'attribution des bénéfices)
Points de vigilance
- Les taux d'IS appliqués sont les taux effectifs 2025 : plusieurs cantons les ont abaissés en 2026 (par exemple Zoug 11,71 % et Lucerne 11,66 % selon PwC et KPMG), l'IS suisse affiché peut donc être légèrement surestimé
- L'article 123 bis CGI impose la transparence fiscale aux résidents français détenant plus de 10 % d'une entité étrangère à fiscalité privilégiée — la Suisse n'est pas toujours qualifiée de privilégiée selon les cantons, à vérifier
- Les règles BEPS et les directives européennes anti-évasion (ATAD) limitent les structurations purement fiscales — le simulateur applique les règles actuelles, l'environnement évolue
- Le régime suisse des participations exige, pour les dividendes, une détention d'au moins 10 % ou d'une valeur d'au moins 1 million CHF ; la condition d'un an de détention ne vaut que pour les plus-values de cession
- La convention franco-suisse plafonne la retenue à la source suisse sur dividendes versés à un résident de France, selon le niveau de participation — récupérable en crédit d'impôt en France
- La constitution d'une holding en Suisse implique des coûts récurrents (director local, comptabilité, honoraires fiduciaires) élevés, rarement rentables pour des patrimoines modestes
Échéances et seuils
- Régime de participation — seuil — Participation ≥ 10 % dans la filiale OU valeur vénale ≥ 1 million CHF
- Remboursement impôt anticipé — délai — 3 ans à compter de l'échéance de la prestation imposable (délai de péremption)
- Déclaration impôt anticipé (formulaire 300) — 30 jours après la distribution du dividende, auprès de l'AFC à Berne
- Pilier 2 — seuil d'application — Groupes réalisant un chiffre d'affaires consolidé ≥ 750 millions EUR sur au moins 2 des 4 derniers exercices
- Acomptes IS — périodicité — Acomptes trimestriels ou mensuels selon le canton ; solde à la clôture de l'exercice
Références légales
- LIFD art. 68-70 — Impôt fédéral direct sur les personnes morales : taux, régime de participation
- LHID art. 24-25 — Loi sur l'harmonisation des impôts directs cantonaux : base commune
- LIA art. 4 — Loi sur l'impôt anticipé : objet, taux, procédure de remboursement
- Convention FR-CH du 9 septembre 1966 — Art. 11 (dividendes) : réduction à 15 % de l'impôt anticipé pour résidents français
- Ordonnance OCDE Pilier 2 — Impôt minimum mondial de 15 % applicable en Suisse depuis 2024
Glossaire
- Régime de participation (Beteiligungsabzug) — Régime fiscal suisse permettant à une holding de réduire son IS de façon proportionnelle aux dividendes reçus de filiales qualifiées (participation ≥ 10 % ou valeur ≥ 1 M CHF), évitant ainsi la double imposition économique.
- Impôt anticipé (Verrechnungssteuer / IA) — Retenue à la source de 35 % prélevée par la société suisse sur les dividendes, intérêts et autres revenus de capitaux versés. Remboursable aux bénéficiaires résidents suisses ou via convention fiscale pour les étrangers.
- IFD (Impôt Fédéral Direct) — Impôt sur le bénéfice des personnes morales perçu par la Confédération suisse, au taux de 8,5 % sur le bénéfice net (soit un taux effectif d'environ 7,83 % du bénéfice avant impôt).
- RFFA (Réforme Fiscale et Financement de l'AVS) — Réforme suisse de 2020 ayant supprimé les régimes fiscaux préférentiels (holding, auxiliaires, mixtes) et introduit de nouveaux instruments conformes aux standards OCDE (Patent Box, déduction R&D).
- Substance économique — Exigence qu'une société exerce réellement son activité là où elle bénéficie d'un régime favorable : direction effective, personnel qualifié, décisions prises sur place, locaux adaptés.
Questions fréquentes
- Une holding en Suisse permet-elle d'échapper à l'impôt français ? — Pas pour un actionnaire resté résident fiscal en France : les dividendes qu'il perçoit restent imposables en France, et l'article 123 bis du CGI peut même l'imposer sur les bénéfices non distribués si la holding relève d'un régime fiscal privilégié. Les règles anti-abus françaises et européennes réduisent fortement l'intérêt d'un montage purement fiscal.
- Comment les dividendes reçus par une holding suisse sont-ils imposés ? — Grâce à la déduction pour participations, l'impôt suisse sur le bénéfice est réduit à proportion des dividendes reçus de filiales qualifiées, selon un seuil de détention ou de valeur. Ce mécanisme évite une double imposition au sein du groupe, sans exonérer l'actionnaire final.
- Peut-on récupérer l'impôt anticipé suisse prélevé sur des dividendes ? — Un résident de France peut demander le remboursement partiel de l'impôt anticipé, la convention franco-suisse limitant l'imposition dans l'État de la source. La demande doit être faite dans le délai de prescription suisse, et la part conservée par la Suisse ouvre en principe droit à un crédit d'impôt en France.
- Quels coûts prévoir pour faire fonctionner une holding en Suisse ? — Il faut compter la comptabilité, la révision éventuelle, les honoraires d'une fiduciaire et la présence d'au moins une personne domiciliée en Suisse habilitée à représenter la société. Une substance réelle sur place est aussi attendue, ce qui rend la structure peu adaptée aux patrimoines modestes.
- Le simulateur holding suisse compare-t-il les cantons ? — Non, il applique le taux d'imposition cantonal que vous saisissez sans arbitrer entre cantons, alors que la charge fiscale varie sensiblement de l'un à l'autre. Pour comparer plusieurs implantations, il faut refaire la simulation avec le taux de chaque canton.
Ticket d'investissement
- À partir de 100 000 € — Patrimoine financier significatif. Optimisation fiscale et structuration recommandées.
- À partir de 500 000 € — Montage structuré pour patrimoines importants. CGP ou avocat fiscaliste requis.
Complexité du montage
- Expert — Ingénierie patrimoniale — Montage complexe impliquant plusieurs règles fiscales. CGP ou avocat fiscaliste requis.
Profils concernés
- Dirigeant / Chef d'entreprise
- Expatrié / Non-résident fiscal
- Travailleur non-salarié (artisan, commerçant, profession libérale)