Définition
Ce simulateur compare la fiscalité et le rendement net de deux formes d'ETF étrangers : ETF capitalisant (réinvestissement automatique des dividendes dans la part) et ETF distribuant (versement des dividendes à l'investisseur, imposables chaque année). Il chiffre le capital net en sortie après une durée de détention donnée dans chacune des deux formes pour une performance sous-jacente identique.
Comment ça fonctionne
L'utilisateur saisit le capital investi, la durée de placement, le rendement brut annuel dont la part issue de dividendes, l'enveloppe de détention (CTO, PEA, assurance-vie) et sa tranche marginale d'imposition. Le simulateur simule l'ETF distribuant avec imposition annuelle des dividendes perçus, et l'ETF capitalisant avec imposition uniquement en sortie (sur la plus-value totale). Il restitue le capital net en sortie pour chaque formule.
Capitalisant : PV en sortie × taux fiscal — Distribuant : Σ (dividendes × taux fiscal annuel) + PV sortie × taux fiscal
Pour qui
- Investisseurs en ETF à dividendes sur CTO (MSCI World distributif, S&P 500 EUR Hedged distributif…)
- Détenteurs de PEA évaluant l'impact de la retenue source sur leurs ETF distributifs
- Épargnants arbitrant entre ETF distributifs et capitalisants selon leur fiscalité
- Conseillers en gestion de patrimoine optimisant l'enveloppe de détention
Avantages
- Chiffre l'effet de capitalisation cumulé sur la durée de détention, souvent sous-estimé face à des dividendes réinvestis à la main
- Compare les deux formes dans l'enveloppe fiscale choisie (CTO, PEA, assurance-vie) avec leur fiscalité propre
- Intègre l'imposition des dividendes au fil de l'eau pour l'ETF distribuant vs imposition unique en sortie pour le capitalisant
- Permet de tester plusieurs horizons pour visualiser le seuil au-delà duquel la capitalisation devient significativement avantageuse
Inconvénients
- Ne vérifie pas l'éligibilité PEA de l'ETF saisi — vérification à faire manuellement sur la fiche KIID
- La retenue à la source étrangère est approximée : la récupération effective dépend du pays d'origine et de la convention fiscale
- Ne modélise pas le cas d'un changement d'enveloppe en cours de placement (ex: transfert CTO vers PEA non-possible, rachat partiel en assurance-vie)
- Ne chiffre pas les frais de gestion différentiels entre les deux formes qui peuvent partiellement compenser l'avantage fiscal
Points de vigilance
- L'ETF capitalisant n'est pas toujours éligible au PEA — vérifier la conformité UCITS et l'agrément PEA avant achat
- La retenue à la source étrangère sur les dividendes peut ne pas être intégralement récupérable selon la convention fiscale applicable : le simulateur applique un taux moyen, la réalité dépend du pays d'origine de l'ETF
- Le traitement fiscal diffère entre CTO (dividendes et PV au PFU ou barème) et enveloppes fiscales (exonération IR PEA au-delà de 5 ans, abattement AV au-delà de 8 ans)
- La ligne « Autre / Sans convention » applique une retenue de 30 % sans crédit d'impôt : c'est une hypothèse, le taux réel dépend du pays de l'ETF
- La retenue subie par l'ETF lui-même sur les dividendes de ses titres (par exemple sur les actions américaines d'un ETF irlandais) n'est pas comptée, quelle que soit l'enveloppe : elle réduit la performance de l'ETF avant distribution, le net affiché est donc surestimé d'autant
- Les frais de gestion de l'ETF (TER) ne sont pas saisis séparément : à intégrer au rendement brut pour une projection juste
- Les ETF synthétiques (utilisant des dérivés) peuvent être traités différemment des ETF physiques par l'administration fiscale — à vérifier en cas de doute
Échéances et seuils
- PFU 2026 : 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS) — Le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU ou « Flat Tax ») est porté à 31,4 % depuis le 1er janvier 2026, à la suite de la hausse de la CSG sur les revenus du capital. Il s'applique sur les dividendes bruts (avant retenue source) dans le cadre du CTO ; le crédit d'impôt étranger s'impute sur la part de 12,8 %. En PEA, les gains acquis depuis le 1er janvier 2026 supportent 18,6 % de prélèvements sociaux au retrait, ceux acquis avant 17,2 %. Option possible pour le barème progressif de l'IR si plus favorable (abattement 40 % pour dividendes d'actions françaises — non applicable aux ETF étrangers).
- Irlande : pas de retenue à la source pour un résident de France — pays de référence pour les ETF UCITS — La retenue irlandaise sur dividendes (DWT) ne s'applique pas à un résident de France qui remet le formulaire de non-résident V2A. La plupart des grands ETF européens (iShares, Vanguard, Amundi UCITS) sont domiciliés en Irlande ou au Luxembourg. L'Irlande bénéficie d'une convention avec les États-Unis limitant à 15 % la retenue source sur les dividendes d'actions américaines dans un ETF irlandais (vs 30 % pour un ETF luxembourgeois ou français). C'est pourquoi les ETF S&P 500 UCITS irlandais sont généralement plus fiscalement efficaces.
- PEA : retenue source perdue, pas de PFU jusqu'au retrait — En PEA, les dividendes sont versés dans l'enveloppe sans PFU français. Mais la retenue à la source appliquée par le pays étranger est définitivement perdue (pas d'avoir fiscal récupérable). Les ETF à réplication synthétique (swap de performance totale) permettent de contourner ce problème car ils ne reçoivent pas directement de dividendes — ils échangent la performance totale contre un taux fixe, sans subir la retenue source. Exemples : Amundi MSCI World Swap PEA (IE), Lyxor S&P 500 Dist (FR).
Références légales
- Art. 119 bis CGI — Retenue à la source sur les revenus de capitaux mobiliers versés à des non-résidents et résidents français
- Art. 200 A CGI — Prélèvement forfaitaire unique (PFU) au taux de 31,4 % sur les revenus du capital (12,8 % IR + 18,6 % PS)
- Art. 220 CGI — Avoir fiscal : crédit d'impôt égal à la retenue à la source étrangère, imputable sur l'IR
- Convention France-Irlande du 21/03/1968 — Art. 9 : pas de taux conventionnel plafonné sur les dividendes ; la retenue irlandaise (DWT) est exonérée pour un résident de France (formulaire V2A)
- Convention France-États-Unis du 31/08/1994 — Taux de retenue : 15 % (dividendes), 5 % (participation ≥ 10 %)
- Convention France-Luxembourg du 01/04/1959 — Retenue à la source : 0 % sur les dividendes de source luxembourgeoise
Glossaire
- ETF UCITS — Fonds négocié en Bourse conforme à la directive européenne UCITS (Undertakings for Collective Investment in Transferable Securities). Encadrement européen strict : diversification obligatoire, information des investisseurs (KIID), liquidité quotidienne. La quasi-totalité des ETF cotés sur Euronext ou Xetra sont des UCITS, domiciliés principalement en Irlande ou au Luxembourg.
- Retenue à la source — Prélèvement effectué par le débiteur d'un revenu (dividendes, intérêts, redevances, salaires) au moment du paiement, avant versement au bénéficiaire ; pour un non-résident, les conventions fiscales en limitent souvent le taux.
- Avoir fiscal (crédit d'impôt étranger) — Mécanisme anti-double imposition permettant à un résident français d'imputer sur son impôt français la retenue à la source payée à l'étranger. Mentionné sur l'IFU (formulaire fiscal annuel fourni par votre courtier). Limité au montant de la retenue conventionnelle (pas au taux interne du pays étranger). Non remboursable si l'impôt français dû est insuffisant.
- ETF à réplication synthétique (swap) — ETF qui n'achète pas physiquement les actions sous-jacentes mais conclut un contrat d'échange (swap) avec une contrepartie bancaire. Avantage : le swap de performance totale inclut les dividendes sans retenue à la source — efficace en PEA pour les ETF d'actions non européennes. Inconvénient : risque de contrepartie (encadré par les directives UCITS : maximum 10 % de l'actif).
Questions fréquentes
- Faut-il choisir un ETF capitalisant ou distribuant ? — Sur un compte-titres, l'ETF capitalisant évite l'imposition annuelle des dividendes, puisqu'ils sont réinvestis dans la part et taxés seulement à la revente. L'ETF distribuant convient plutôt à qui a besoin d'un revenu régulier.
- Comment sont imposés les dividendes d'un ETF étranger sur un compte-titres ? — Ils sont imposables en France l'année de leur perception, au prélèvement forfaitaire unique ou, sur option, au barème progressif. Une retenue à la source peut aussi avoir été prélevée à l'étranger, ce qui rend la fiscalité plus lourde qu'il n'y paraît.
- Les dividendes d'un ETF logé dans une assurance-vie sont-ils imposés chaque année ? — Non : tant que les sommes restent dans le contrat, les dividendes encaissés par l'unité de compte ne sont pas imposés. L'imposition intervient seulement en cas de rachat, sur la part de gains comprise dans la somme retirée, avec un régime plus favorable après huit ans de contrat.
- Pourquoi un ETF domicilié en Irlande peut-il être plus efficace fiscalement ? — Les conventions fiscales signées par l'Irlande réduisent la retenue prélevée par certains pays, notamment les États-Unis, sur les dividendes que reçoit le fonds. Cet avantage joue à l'intérieur du fonds, avant tout versement à l'investisseur.
- Comment un ETF éligible au PEA peut-il suivre un indice d'actions mondial ? — Il détient des actions européennes et échange leur performance contre celle de l'indice visé grâce à un contrat de swap. Cette réplication synthétique ajoute un risque de contrepartie, encadré par la réglementation européenne.
- Le simulateur vérifie-t-il l'éligibilité d'un ETF au PEA ? — Non, cette vérification reste à faire sur le document d'information du fonds. Le simulateur applique aussi un taux moyen de retenue à la source, et les frais de gestion de l'ETF doivent être déduits du rendement brut saisi.
Ticket d'investissement
- Accessible à tous — Aucun capital minimum requis. Simulation de droits, calculs budgétaires courants.
- À partir de 10 000 € — Épargne constituée. Placement financier, investissement locatif, préparation retraite.
- À partir de 500 000 € — Montage structuré pour patrimoines importants. CGP ou avocat fiscaliste requis.
Complexité du montage
- Simple — Calcul direct — Résultat immédiat, formule unique. Aucun conseil spécialisé nécessaire.
Profils concernés
- Expatrié / Non-résident fiscal
- Travailleur non-salarié (artisan, commerçant, profession libérale)
- Dirigeant / Chef d'entreprise