Définition
Ce simulateur évalue la pertinence d'un crédit lombard (prêt adossé à un portefeuille titres) comme levier patrimonial. Il chiffre le différentiel entre le taux du crédit et le rendement du portefeuille mis en garantie, projette l'effet de levier obtenu et alerte sur le risque d'appel de marge en cas de baisse significative des actifs sous-jacents.
Comment ça fonctionne
L'utilisateur saisit la valeur du portefeuille titres mobilisable, la quotité de financement accordée par la banque (typiquement 50 à 70 % selon les actifs), le taux du crédit proposé, la durée et le rendement espéré du portefeuille. Le simulateur calcule le montant empruntable, chiffre l'effet de levier, compare le coût des intérêts au rendement attendu du portefeuille (ou des investissements financés par le crédit) et projette le scénario central et le scénario stressé (baisse du portefeuille de 20-30 %).
Effet de levier = (Rendement portefeuille × (1 + quotité)) − (Taux crédit × quotité)
Pour qui
- Investisseurs patrimoniaux disposant d'un portefeuille financier significatif (> 100 000 €)
- Dirigeants d'entreprise souhaitant mobiliser leur patrimoine sans céder leurs participations
- Particuliers ayant un besoin de liquidités ponctuel (achat immobilier, opportunité d'investissement)
- CGP et family offices accompagnant leurs clients dans l'optimisation de leur trésorerie
Avantages
- Chiffre l'effet de levier obtenu par un crédit lombard en comparant le rendement du portefeuille au coût du crédit
- Projette le scénario central et un scénario stressé (baisse significative du portefeuille) pour mesurer le risque d'appel de marge
- Applique la quotité de financement selon la nature des actifs mobilisés en garantie
- Permet de tester plusieurs niveaux de taux et de quotité pour évaluer la sensibilité de l'opération
Inconvénients
- Le simulateur ne modélise pas la volatilité réaliste des actifs sous-jacents : un scénario central ne suffit pas pour évaluer le risque d'appel de marge
- Le taux saisi est indicatif : un crédit lombard est négocié en bilatéral et les conditions réelles dépendent fortement du profil de l'emprunteur et de la banque privée
- Ne modélise pas le coût d'opportunité d'une vente programmée des titres (plus-value différée, pertes de fenêtres de marché favorables)
- Ne traite pas les conséquences juridiques et fiscales d'un appel de marge forcé (réalisation de plus-values imposables, liquidation d'actifs illiquides)
Points de vigilance
- Le crédit lombard expose à l'appel de marge : une baisse significative de la valeur du portefeuille (typiquement -15 à -25 %) peut obliger à apporter des liquidités ou à vendre des titres au pire moment
- La quotité de financement varie selon les actifs mis en garantie : plus élevée pour un fonds euros ou des obligations de bonne qualité, plus faible pour des actions et plus encore pour des UC risquées — le simulateur applique la quotité saisie
- Le taux du crédit lombard est variable et indexé (EURIBOR + marge) : une hausse des taux directeurs renchérit le coût pendant la durée du prêt, modifiant l'équation
- L'investissement financé par le crédit lombard (immobilier, entreprise, autres actifs) doit générer un rendement net après fiscalité supérieur au coût du crédit pour justifier l'opération
- Le crédit lombard est réservé aux patrimoines financiers importants et n'est pas une solution grand public — le simulateur ne vérifie pas l'éligibilité
Échéances et seuils
- LTV typique : 70 % sur fonds euros, 60 % sur obligations IG, 50 % sur actions diversifiées — Le ratio LTV varie selon la liquidité et la volatilité des actifs nantis : 70 % sur fonds euros d'assurance-vie, 60 % sur obligations investment grade, 50 % sur actions cotées diversifiées. En cas de baisse du portefeuille, un appel de marge est déclenché si le LTV dépasse le seuil contractuel.
- Intérêts déductibles seulement dans certains cas — Les intérêts d'un crédit Lombard ne sont déductibles que si les sommes empruntées financent un actif dont les revenus admettent la déduction des frais réels, comme un bien loué nu au régime réel. Ils ne le sont pas pour des placements imposés au prélèvement forfaitaire unique, ni pour un usage personnel.
Références légales
- Art. 2355 à 2366 Code civil — Régime du nantissement de créances et de titres financiers
- Art. L. 211-20 Code monétaire et financier — Nantissement des titres financiers
- Art. 150-0 A CGI — Imposition des plus-values de cession de valeurs mobilières (évitée grâce au Lombard)
- Art. 200 A CGI — Prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 % sur les plus-values
- BOI-RPPM-PVBMI — Doctrine fiscale sur les plus-values mobilières
Glossaire
- LTV (Loan-to-Value) — Ratio entre le montant emprunté et la valeur des actifs en garantie. Plus l'actif est volatil, plus le LTV est bas.
- Nantissement — Mise en garantie d'un actif (compte-titres, assurance-vie) au profit du prêteur : l'emprunteur en reste propriétaire mais ne peut pas en disposer jusqu'au remboursement.
- Appel de marge — Demande de la banque d'apporter des garanties supplémentaires ou de rembourser une partie du prêt lorsque la valeur du collatéral baisse.
- Collatéral — Actif mis en garantie du prêt (synonyme de « gage » ou « sûreté »).
- Blue Chips — Actions de grandes entreprises bien établies, considérées comme stables et fiables (ex: CAC 40, S&P 500).
- Investment Grade (IG) — Obligations notées BBB- ou mieux par les agences de notation, considérées comme peu risquées.
- Plus-value latente — Gain non encore réalisé : différence entre la valeur actuelle d'un actif et son prix d'acquisition, tant qu'il n'est pas cédé.
Questions fréquentes
- Comment fonctionne un crédit lombard ? — La banque prête une somme garantie par le nantissement d'un portefeuille de titres ou d'un contrat d'assurance-vie, sans que l'emprunteur ait à les vendre. Le montant prêté dépend de la nature des actifs : plus ils sont volatils, plus la part finançable est faible.
- Que se passe-t-il si le portefeuille nanti d'un crédit lombard baisse ? — Lorsque la valeur des actifs descend sous le seuil prévu au contrat, la banque procède à un appel de marge : l'emprunteur doit apporter des liquidités ou des garanties supplémentaires, ou rembourser une partie du prêt. À défaut, des titres peuvent être vendus, parfois au plus mauvais moment.
- Pourquoi emprunter avec un crédit lombard plutôt que vendre ses titres ? — Le crédit évite de céder les titres, donc de réaliser des plus-values imposables, et laisse le portefeuille investi. L'opération n'a de sens que si le rendement attendu des actifs, ou de ce que finance le prêt, dépasse durablement le coût du crédit.
- Le taux d'un crédit lombard est-il fixe ? — Il est souvent variable, indexé sur un taux de référence comme l'Euribor augmenté d'une marge, et négocié de gré à gré avec la banque. Une hausse des taux renchérit le coût en cours de prêt ; le simulateur permet de tester plusieurs niveaux de taux pour en mesurer l'effet.
- Le simulateur de crédit lombard mesure-t-il le risque d'appel de marge ? — Il projette un scénario central et un scénario de baisse marquée du portefeuille pour évaluer l'exposition à un appel de marge. Il ne modélise pas la volatilité réelle des actifs ni les conséquences fiscales d'une vente forcée de titres.
Ticket d'investissement
- À partir de 10 000 € — Épargne constituée. Placement financier, investissement locatif, préparation retraite.
Complexité du montage
- Expert — Ingénierie patrimoniale — Montage complexe impliquant plusieurs règles fiscales. CGP ou avocat fiscaliste requis.
Profils concernés
- Dirigeant / Chef d'entreprise
- Travailleur non-salarié (artisan, commerçant, profession libérale)