Définition
Ce simulateur chiffre l'imposition d'un carried interest (part de la performance d'un fonds d'investissement attribuée à ses gérants) pour un bénéficiaire présentant une dimension transfrontalière (résidence actuelle ou future, fonds domiciliés à l'étranger). Il compare le régime fiscal français (imposition à l'IR au barème ou au PFU selon les conditions du régime de faveur) et les régimes fiscaux de pays concurrents fréquemment utilisés (Luxembourg, Royaume-Uni, États-Unis).
Comment ça fonctionne
L'utilisateur saisit le montant du carried interest projeté, le pays de domiciliation du fonds, sa résidence fiscale actuelle et envisagée, son investissement personnel dans le fonds (condition du régime de faveur français) et la durée d'holding. Le simulateur applique le régime français (taxation en gains de capital au PFU de 31,4 % sous conditions, sinon au barème IR comme salaires avec cotisations sociales) et chiffre le régime fiscal de chaque pays tiers éventuellement envisagé, pour restituer un comparatif net du montant perçu.
Regime_faveur_FR : Imposition_PV = Carried × 31,4 % (PFU) si conditions du régime de faveur Sinon : Imposition_salaires = Carried × (TMI + CEHR + CSG/CRDS 9,7 % + cotisations_sociales) Comparaison_pays : Impot_total_pays = f(regime_local)
Pour qui
- Gérants de fonds PE/VC/Infrastructure — souhaitant anticiper leur charge fiscale sur le carried et comparer les juridictions disponibles pour la domiciliation de leur fonds
- Professionnels mobiles de la finance — ayant travaillé dans plusieurs pays pendant la période de vesting et cherchant à comprendre le risque de double imposition
- Avocats fiscalistes et structureurs — conseillant des équipes de gestion sur le choix de la juridiction et la structuration du carried
- Family offices et investisseurs LP — souhaitant comprendre l'impact fiscal des structures de rémunération des gérants sur le rendement net
Avantages
- Chiffre l'imposition du carried interest dans le régime français de faveur et dans les régimes concurrents fréquemment utilisés
- Applique les conditions du régime français de faveur (investissement personnel minimum, versement effectif) et signale les situations de requalification
- Intègre l'exit tax éventuelle due en cas de transfert de résidence vers un pays à fiscalité plus favorable
- Permet de tester plusieurs scénarios de domiciliation pour dimensionner l'écart fiscal net projeté
Inconvénients
- Ne remplace pas l'analyse d'un fiscaliste international : les montages transfrontaliers impliquent des risques de requalification (abus de droit, business purpose) non chiffrables
- Les régimes fiscaux étrangers évoluent rapidement (UK 2025, Italie impatriés) — la projection doit être réactualisée à l'approche de la décision
- Ne modélise pas les coûts pratiques et professionnels du transfert de résidence (logement, fiscalité locale, vie familiale)
- Les conventions fiscales peuvent donner lieu à interprétations divergentes selon les administrations — le simulateur applique la lecture conventionnelle classique
Points de vigilance
- Le régime fiscal français de faveur (imposition en gains de capital) exige un investissement personnel minimum (1 % des droits du fonds) et un versement effectif de l'investissement — le simulateur applique les conditions saisies mais leur respect formel est critique
- À défaut de respect des conditions, le carried interest est requalifié en salaires avec taxation au barème IR et cotisations sociales URSSAF — coût fiscal pouvant atteindre 65 à 80 %
- Le transfert de résidence vers un pays à fiscalité plus favorable (UK avant modifications, Italie via le régime impatriés) doit anticiper l'exit tax française sur les plus-values latentes
- Les conventions fiscales déterminent quel État a le droit d'imposer : le simulateur applique la règle conventionnelle saisie, à vérifier avec un fiscaliste pour chaque pays envisagé
- Les réformes fiscales récentes (UK en 2025, Italie) modifient régulièrement l'attractivité relative — le simulateur applique les régimes en vigueur à la date de simulation
- Taux étrangers simplifiés : Royaume-Uni au taux marginal le plus élevé (IR 45 % + NIC 2 % sur 72,5 % du carried), ce qui surestime l'impôt britannique pour un carried modeste ; Luxembourg 12 %, État américain 5 %, autres pays 15 % et cotisations sociales françaises de 25 % du carried requalifié sont des ordres de grandeur sans source publiée, à remplacer par le taux réel de votre situation
Échéances et seuils
- Investissement minimum (France — art. 163 quinquies C) — Le gérant doit investir personnellement au moins 1 % de l'actif souscrit du fonds. Cet investissement doit être réalisé en numéraire avant ou simultanément à l'attribution des droits de carried.
- Durée minimale de vesting (France) — 5 ans minimum entre l'attribution des droits de carried et leur réalisation (cession ou distribution). Une réalisation avant 5 ans entraîne la requalification en revenu d'activité.
- Délai long-term capital gains USA — Depuis le Tax Cuts and Jobs Act de 2017, les actifs sous-jacents du fonds doivent être détenus plus de 3 ans pour que le carried bénéficie du taux long-term CGT (20 % fédéral). En deçà de 3 ans : taux ordinaire jusqu'à 37 %.
- Hurdle rate — seuil de déclenchement — Le carried ne se déclenche qu'après que les investisseurs (LP) ont récupéré leur mise initiale plus un rendement préférentiel (hurdle rate, typiquement 7–8 %). Le carried représente ensuite généralement 20 % des gains au-delà du hurdle ("20/80 split" avec un "catch-up" possible).
- Retenue sur dividendes LU — La SCSp luxembourgeoise peut distribuer des revenus au gérant avec une retenue à la source de 0 à 15 % selon la convention fiscale applicable entre le Luxembourg et le pays de résidence du gérant.
Références légales
- Art. 163 quinquies C CGI — Régime fiscal spécifique du carried interest des gérants de FCPR/FPCI en France : conditions d'imposition en plus-value (PFU, 31,4 % depuis 2026), investissement minimum 1 %, vesting 5 ans
- Art. 150-0 A CGI — Régime général des plus-values mobilières en France (PFU 31,4 % ou option barème progressif + PS 18,6 %)
- Loi LME 2008 (Loi n° 2008-776 du 4 août 2008) — Instauration du régime fiscal du carried interest en France, créant le régime dérogatoire de l'art. 163 quinquies C
- Loi SCSp Luxembourg (12 juillet 2013) — Création de la Société en Commandite Spéciale, véhicule PE privilégié pour les fonds luxembourgeois, offrant la transparence fiscale et la flexibilité du limited partnership
- UK Finance Act 2026 — Régime révisé du carried interest au Royaume-Uni : depuis le 06/04/2026, 72,5 % du carried qualifiant est imposé comme bénéfice de trading à l'impôt sur le revenu et aux NIC (fin de l'imposition à la CGT)
- OCDE Modèle de Convention art. 15 — Revenus d'emploi transfrontaliers : règle de sourcing répartissant l'imposition au prorata des jours de travail dans chaque État pendant la période de vesting du carried
Glossaire
- Carried Interest — Part des plus-values d'un fonds de capital-investissement attribuée à ses gérants au-delà d'un rendement minimal (hurdle rate), généralement 20 % des gains.
- SCSp (Société en Commandite Spéciale) — Structure juridique luxembourgeoise créée par la loi du 12 juillet 2013, équivalent du Limited Partnership de droit anglo-saxon. Fiscalement transparente : les profits sont imposés directement dans les mains des associés selon leur pays de résidence. Véhicule dominant pour les fonds PE européens depuis 2014.
- FCPR / FPCI — Fonds Commun de Placement à Risques (FCPR) et Fonds Professionnel de Capital Investissement (FPCI) : véhicules français de private equity agréés par l'AMF. L'FPCI est réservé aux investisseurs professionnels. Le carried interest des gérants de ces fonds peut bénéficier du régime de l'art. 163 quinquies C CGI.
- Hurdle Rate — Taux de rendement préférentiel que le fonds doit d'abord délivrer aux investisseurs (LP) avant que le carried commence à s'accumuler pour les gérants. Typiquement fixé à 7–8 % par an. Garantit que les gérants ne perçoivent leur carried que si les investisseurs ont reçu un rendement minimum satisfaisant.
- Règle de sourcing (OCDE art. 15) — Principe selon lequel, en cas de mobilité internationale du salarié ou gérant, le droit d'imposer les revenus de travail est réparti entre les États au prorata des jours travaillés dans chacun pendant la période de référence. Pour le carried, la période est généralement celle du vesting, créant un risque de multi-imposition en l'absence de conventions adéquates.
- CGT (Capital Gains Tax (UK)) — Impôt britannique sur les plus-values. Depuis le 06/04/2026, le carried interest ne relève plus de la CGT : 72,5 % de son montant est imposé à l'impôt sur le revenu. Le taux réduit BADR (Business Asset Disposal Relief, anciennement Entrepreneurs' Relief) est de 18 % depuis le 06/04/2026.
Questions fréquentes
- Comment est imposé le carried interest en France ? — Lorsque les conditions du régime de faveur sont remplies, les gains tirés du carried interest sont imposés comme des plus-values de valeurs mobilières. À défaut, ils sont traités comme des revenus d'activité, imposés au barème avec des cotisations sociales, ce qui alourdit nettement la charge.
- Quelles conditions pour que le carried interest soit taxé en plus-value ? — Le gérant doit notamment avoir investi personnellement dans le fonds une fraction minimale, en numéraire, et respecter une durée minimale avant toute distribution ou cession de ses parts de carried. Le simulateur applique les conditions saisies, mais leur respect formel conditionne tout le résultat.
- Que se passe-t-il pour le carried interest en cas de départ de France ? — Un transfert de résidence peut déclencher l'exit tax française sur les plus-values latentes, selon les titres détenus. Les conventions fiscales déterminent ensuite quel État peut imposer le carried perçu après le départ, ce qui demande une analyse pays par pays.
- Quelle différence entre hurdle rate et carried interest ? — Le hurdle rate est le rendement préférentiel que les investisseurs du fonds doivent avoir reçu avant que les gérants touchent leur part. Le carried interest est la part des gains que les gérants perçoivent une fois ce seuil franchi, souvent après un mécanisme de rattrapage appelé catch-up.
- Le simulateur suffit-il pour choisir où domicilier un fonds ou s'installer ? — Non, il donne un ordre de grandeur de l'écart fiscal entre régimes, aux règles en vigueur à la date de simulation. Les risques de requalification, les réformes étrangères fréquentes et les coûts pratiques d'une expatriation restent à examiner avec un fiscaliste international.
Ticket d'investissement
- À partir de 500 000 € — Montage structuré pour patrimoines importants. CGP ou avocat fiscaliste requis.
Complexité du montage
- Expert — Ingénierie patrimoniale — Montage complexe impliquant plusieurs règles fiscales. CGP ou avocat fiscaliste requis.
Profils concernés
- Expatrié / Non-résident fiscal
- Dirigeant / Chef d'entreprise
- Salarié du privé
- Travailleur non-salarié (artisan, commerçant, profession libérale)
- Retraité